Mission

Définition de la thérapie psychomotrice:

La psychomotricité est destinée aux enfants, aux adolescents et aux adultes ayant des difficultés sur les plans moteur, comportemental, relationnel ou émotionnel. Elle s’intéresse à comment les perceptions, les sentiments et la pensée d’une personne interagissent et ont une influence sur le plan corporel, en particulier sur le mouvement. Le corps en mouvement est donc au centre du travail en psychomotricité. Au-delà du corps, la psychomotricité considère la personne dans sa globalité, c’est-à-dire qu’elle tient également compte de la vie psychique de celle-ci ainsi que de son environnement physique, social et culturel (brochure Psychomotricité Suisse « La psychomotricité – bien plus que du mouvement »).

La thérapie psychomotrice s'intéresse à l'interaction entre la souffrance corporelle et la souffrance psychique, centrant son action sur le corps considéré dans ses dimensions sensori-motrice, émotionnelle, symbolique, relationnelle et sur la mise en lien de ces différents éléments.

Les buts de cette thérapie sont d'examiner, d'évaluer et de traiter des patients souffrant de troubles psychomoteurs , moteurs, psychosomatiques et psychosexuels liés à des troubles émotionnels, cognitifs et/ou de la perception. Elle permet de prévenir ou d'atténuer les répercussions de ces troubles autant sur le plan personnel que social, familial, professionnel et scolaire.

Indications à la thérapie psychomotrice

La prescription d'un traitement psychomoteur est médicale mais la demande de soins peut être pluridisciplinaire.

Les indications à la thérapie psychomotrice ne sont pas liées à une pathologie particulière mais se trouvent dans différents troubles:

Troubles psychomoteurs :

  • inhibition et instabilité psychomotrice
  • troubles de la maturation et de la régulation tonique
  • troubles tonico-émotionnels 
  • troubles de l'organisation spatio-temporelle
  • troubles de la latéralité
  • troubles du schéma corporel
  • trouble de l'image du corps et de la représentation d'rorigine psychique ou physique

Présence de symptômes corporels importants et/ou invalidants rencontrés dans :

  • les troubles anxieux
  • les troubles psychosomatiques et psychosexuels
  • les troubles alimentaires
  • les troubles addictifs
  • les troubles mnésiques : post AVC, post traumatisme, démences et/ou Alzheimer
  • les comportements d’attaque au corps
  • la difficulté à identifier et/ou à exprimer des émotions
  • une mauvaise gestion des émotions (inhibition ou débordement émotionnel)
  • les comportements impulsifs et les tendances à être dans l’agir
  • la difficulté à identifier des sensations (absence de sensation ou sensations délirantes)

Troubles de l’image de soi :

  • trouble de l’identité sexuelle

Difficultés dans la capacité à être dans une communication verbale :

  • la médiation corporelle peut être alors indiquée, le dialogue corporel pouvant être plus aisé et pouvant favoriser par la suite la verbalisation.

 

S’il n’y a pas de contre-indications majeures à la thérapie psychomotrice, la vigilance est de mise pour les patients dont la rapproché physique peut-être source d’érotisation ainsi que pour les patients présentant des troubles hystériformes. Lors de douleurs aïgues ou de maladies physiques graves, l’avis médical est indispensable.

Evaluation psychomotrice

Un des niveaux d’intervention clinique du psychomotricien est celui de l’évaluation psychomotrice, étape nécessaire et préalable avant tout engagement dans une thérapie psychomotrice.

L’évaluation psychomotrice comporte un ensemble d’observations débouchant d’une part sur une synthèse clinique du patient (ses difficultés et ses ressources) et d’autre part sur l’élaboration du projet thérapeutique et la mise en place du traitement psychomoteur. Cette phase est essentielle pour la création d’une alliance thérapeutique.

L’évaluation permet l’observation de l’activité psychomotrice du sujet de manière spontanée et à travers une série d’explorations amenant le patient à vivre et à explorer ses rapports à son propre corps (sa façon de vivre, de percevoir, de se représenter son corps, sa manière d’être en relation verbale et non verbale avec le thérapeute, la façon dont peuvent s’exprimer ses émotions à travers son corps …).

Ainsi lors de cette évaluation, le psychomotricien va recueillir un ensemble d’observations corporelles et comportementales concernant les rapports du patient à son corps et en avoir une lecture à la lumière des concepts psychomoteurs (dont les principaux sont le tonus, le dialogue tonique, le schéma corporel, l’espace et le temps).

Il va prendre en compte ce que le patient exprime verbalement à l’occasion de ce qu’il vit. Il s’agit du discours sur son corps, sur le vécu et la représentation de son corps, le corps étant un médiateur permettant l’accès à la vie psychique.
Le psychomotricien interagit avec le patient et s’engage corporellement. Il est ainsi amené à prendre en compte son propre vécu dans la relation.

L’évaluation psychomotrice permet :

  • de décrire une clinique des signes psychomoteurs et du comportement.
  • d’avoir une compréhension de la dynamique relationnelle et de mettre en évidence les corrélations entre les phénomènes corporels et relationnels.

Moyens utilisés 

Les moyens utilisés peuvent être différents suivant la formation du psychomotricien. Quelques exemples :

  • techniques d’expressivité corporelle
  • toucher thérapeutique
  • thérapie de relaxation
  • travail sur la respiration
  • thérapie d’enveloppement
  • travail par rapport à l'espace
  • bodymap
  • travail au moyen du jeu symbolique
  • jeux de rôle et mises en situations
  • psychodrame
  • etc.

La thérapie psychomotrice auprès des jeunes enfants

La psychomotricité est pratiquée avec les jeunes enfants au sein du Service de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent (SPEA, HUG) au service de Guidance Infantile dans le cadre de la consultation multidisciplinaire du psychodéveloppement (CMPD), dans les trois hôpitaux de jour (Les Comptines, Clairival et le Jardin d’enfants thérapeutique), et à l’Unité mère-bébé.

Définition

La psychomotricité s’occupe de l’interaction entre les domaines de développement de la perception, des sentiments, de la pensée, du mouvement, du comportement, ainsi qu’à leur expression sur le plan corporel. (CDIP)

L’organisation psychomotrice se décline sur trois plans : la coordination, l’ajustement et l’anticipation.

L’objectif général est de faire de son corps un outil d’exploration, de communication et d’interaction avec l’environnement physique et relationnel.

Indications

Les enfants pris en charge sont atteints de troubles du développement au sens large. Les indication fréquentes sont les troubles moteurs (retard, dyspraxie, TAC…), l’instabilité ou l’inhibition psychomotrice, la prématurité, les troubles du spectre autistique, les troubles de la régulation, les troubles de la personnalité, les troubles émotionnels et du comportement.

Les diagnostics CIM 10, reconnus et donnant droit à un remboursement par le Secrétariat à la Pédagogie Spécialisée (SPS), sont : troubles envahissants du développement (F84), troubles spécifiques du développement moteur (F82), troubles spécifiques mixes du développement (F83), troubles hyperkinétiques (F90) et quelques diagnostics génétiques ou neurologiques spécifiques.

Les troubles psychomoteurs sont des troubles neurodéveloppementaux plurifactoriels (génétique, neurobiologique, psychologique, psychosocial) qui affectent l’adaptation du sujet dans sa dimension perceptivo-motrice. Ils se déclinent dans les différents domaines du développement psychomoteur :

  • Postures, coordinations, praxies
  • Développement postural
  • Tonus et régulation tonique
  • La sensorialité et la perception
  • Orientation et organisation dans espace et temps, utilisation des objets
  • L’expression et la régulation des émotions
  • Le comportement
  • L'attention et la concentration
  • La communication, l’intersubjectivité
  • La symbolisation et la capacité à jouer
  • Le schéma corporel et de l’image du corps
  • La latéralisation, l'acquisition de l'écriture

Investigation et bilan

L’investigation psychomotrice évalue les ressources, les difficultés et les besoins de l’enfant dans les domaines de la motricité et du développement postural, de la sensorialité, de la régulation tonique et émotionnelle, du schéma corporel, des interactions et de la communication, du jeu et de la symbolisation. Son but est de définir un projet thérapeutique pour l’enfant, de compléter le tableau clinique de l’enfant et de proposer des pistes d’intervention supplémentaires aux équipes et aux parents.

Le bilan se compose des entretiens avec les parents et de discussions avec l’équipe, d’une évaluation clinique, des tests standardisés et d’autres outils spécifiques comme le bilan sensori-moteur (Bullinger).

Moyens

La prise en charge est individuelle et/ou groupale, définie selon les besoins de l’enfant.

Le cadre thérapeutique s’inspire du cadre psychothérapeutique (régularité, règles de confidentialité…). L’utilisation d’objets et de jeux spécifiques, la structuration de l’espace et l’implication corporelle du thérapeute (dialogue tonique) sont des outils essentiels au psychomotricien pour interagir avec des enfants qui n’ont souvent pas accès au langage (TSA, TED, retards de développement). Les activités sont plus ou moins structurées en fonction des objectifs et des besoins de l’enfant. Les types de jeux sont variés : exploration sensori-motrice, jeux moteurs, jeux de relation et de communication (coucou, attrape), jeux de construction, de règles, jeux symboliques, travail sur les contenants, activités créatrices, détente…

La thérapie psychomotrice auprès des adolescents

L'adolescence s'engage par le corps, par la réalité des transformations corporelles. Cette période riche en changement, en réajustement est aussi une période où nombre de psychopathologies implique directement le corps""L'adolescence s'engage par le corps, par la réalité des transformations corporelles. Cette période riche en changement, en réajustement est aussi une période où nombre de psychopathologies implique directement le corps.

Quelques dates

  • Février 1963 : première promotion de professionnels de la psychomotricité. Ecole de la Salpetrière de Paris sous l’égide du Professeur Ajuriaguerra.
  • 1966 : début des cours de formation en psychomotricité à Genève avec Mme Naville sous l’égide du Professeur Ajuriaguerra.
  • 1973 : création de la société internationale de thérapie psychomotrice (SITP) à Bruxelles.
  • 1995 : L’Ecole Romande de Psychomotricité est rattachée à l’Institut d’Etudes Sociales.
  • 2002 : Inclusion de l’Ecole Romande de Psychomotricité dans la HETS.

 

 

Dernière mise à jour : 22/11/2019