Qu’est-ce que l’hyperactivité ?

Explications 

Geneviève Vaudan Vutskits Derrière un enfant qui a la bougeotte, semble être dans la lune ou change brusquement d’humeur, peut se cacher un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité. Explications
avec la
Dre Geneviève Vaudan Vutskits, médecin consultant à l’unité de guidance infantile.

 

Mon copain est hyperactif, de quoi s’agit-il ?
Il souffre certainement de ce que l’on appelle le trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Cela veut dire qu’il a des difficultés à rester attentif : il papillonne d’une activité à l’autre, perd ses affaires, oublie des choses, est distrait au moindre bruit, n’écoute pas la maîtresse. Il a aussi du mal à rester en place, se lève souvent, parle beaucoup, écrit vite et mal. Bref, il a la bougeotte. Enfin, il réagit fortement aux stimulations extérieures. On dit qu’il est impulsif : c’est difficile pour lui de gérer ses émotions, il agit avant de réfléchir, il répond aux questions avant qu’elles ne soient entièrement posées.

On peut n’avoir que des troubles de l’attention ?
Oui. Il y a des enfants, surtout les filles, qui ne sont pas hyperactifs. Ils sont tout le temps dans la lune. On les considère à tort comme paresseux. Comme ils ne dérangent pas, ils passent souvent inaperçus.

Hyperactivité

Tous les enfants hyperactifs ont-ils un TDAH ?
Non. On peut montrer des signes d’hyperactivité sans avoir ce trouble. Dans ce cas-là, l’hyperactivité est un symptôme qui témoigne d’autres problèmes comme de l’anxiété, une dépression ou une situation de maltraitance.

 

Définition *
Les neurotransmetteurs sont des molécules chimiques (dopamine, noradrénaline) qui circulent entre les neurones et transmettent des informations dans ton cerveau. Chez les personnes souffrant de TDAH, ils peuvent être moins abondants ou moins efficaces. De ce fait, les neurones ont davantage de peine à communiquer entre eux. Le méthylphénidate (par exemple Ritaline®, Concerta®, Biphentin®) est une substance qui atténue ce mauvais fonctionnement.

Quand est-ce que ça débute ?
Habituellement, les premiers signes apparaissent vers 3-4 ans, parfois même avant. Ce sont des enfants qui bougent beaucoup, sautent, grimpent, parfois se blessent, de véritables petites tornades. Vers 5-6 ans, lorsqu’ils sont confrontés aux exigences de l’école, se manifeste le déficit de l’attention.

Comment ça évolue ?
Au fil des années, les symptômes de l’hyperactivité diminuent et disparaissent le plus souvent à l’adolescence. Parfois, ils font place à un sentiment de tension interne, de nervosité. Par contre, les difficultés d’attention ont tendance à persister même à l’âge adulte.

Quelles sont les causes ?
On ne les connaît pas précisément, mais on sait que l’hérédité (les gènes) joue un rôle important. On sait aussi qu’il y a des réseaux de cellules (les neurones) qui communiquent moins bien les uns avec les autres parce que certains neurotransmetteurs* sont moins efficaces.

En quoi consiste le traitement ?
Il dépend du bilan personnel effectué. Il y a différentes manières d’aborder le problème. Elles sont adaptées à chaque situation et évoluent avec les besoins de l’enfant au cours de son développement. La guidance infantile propose des approches spécifiques pour soutenir leur développement Elle donne aussi des conseils aux parents et aux enseignants.

Et les médicaments ?
Ils sont donnés dans un deuxième temps si toutes les autres mesures ne suffisent pas à améliorer la situation.

Pour plus d'information regardez la vidéo:  Hyperactivité et troubles de l'attention : soigner dès la petite enfance

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Pour en savoir plus 

Dépistage précoce

Au sein du service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, l’unité de guidance infantile des HUG s’adresse aux jeunes enfants (jusqu’à 5 ans), aux parents et futurs parents. Son équipe pluridisciplinaire (pédopyschiatres, psychologues, logopédistes, psychomotricienne) diagnostique, traite les différents troubles (du développement, de la relation, de la communication et du langage, du comportement, etc.) et propose une évaluation spécialisée pour l’hyperactivité et le déficit de l’attention. Quand consulter ? « S’il y a des questions avec son enfant ou une souffrance, il ne faut pas hésiter à venir », répond la Dre Geneviève Vaudan Vutskits. Et d’ajouter : « Même si le diagnostic n’est pas définitif à cet âge-là, on peut évaluer et proposer des solutions. Cela permet de débuter une thérapie avec l’enfant et de soutenir les parents qui parfois se remettent en cause dans leur capacité à éduquer. » Il est important de ne pas négliger les symptômes, car s’ils ne sont pas traités, cela engendre des conséquences tant pour l’enfant que pour les parents. « Le premier peut se retrouver en échec scolaire, développer une faible estime de lui-même et, pour certains, développer des troubles anxieux ou dépressifs s’ils ne sont pas correctement accompagnés. Pour les seconds, les difficultés persistantes de leur enfant engendrent un sentiment de culpabilité et une souffrance psychologique pouvant aller jusqu’à une dépression », relève la spécialiste.

Internet +

CADDRA (Canadian Attention Deficit Hyperactivity Disorder Resource Alliance) est une alliance canadienne nationale de professionnels qui se consacre à la recherche mondiale, à l'éducation, à la formation dans le domaine du trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité (TDAH). Elle vise à améliorer la qualité de vie des patients souffrant de ce trouble et de leur famille. Le site comprend notamment de la documentation pour les patients ainsi que des formulaires nécessaires au dépistage. Une information qui devra être révisée et validée par un médecin qualifié dans le cadre d'une évaluation globale du TDAH.
http://www.caddra.ca/fr/

Lire +

Toby et Lucy. Deux enfants hyperactifsToby et Lucy. Deux enfants hyperactifs
Dr C-A Haenggeli
Médecine et hygiène,
2è édition, 2012

Le trouble déficit de l’attention avec hyperactivité ou THADA ou TDAH : qu’est ce ? Avec beaucoup de tendresse, le Dr Charles-Antoine Haenggeli explique que les enfants hyperactifs sont formidables et ont énormément de capacités. Jules César et Einstein n’étaient-ils pas des enfants atteints de TDAH ? La vie quotidienne est pourtant difficile pour ces enfants, leurs parents et leurs enseignants. En plus de décrire les différents comportements des enfants hyperactifs et leurs conséquences, ce livre explique les moyens de détection et d’évaluation du TDAH, les mesures à mettre en place à la maison comme à l’école, et les traitements médicamenteux adaptés à rajouter éventuellement à ces mesures. Il fournit également des adresses et des lectures utiles.

 

Le livre et le site sont conseillés par le Centre de documentation en santé qui met en prêt des ouvrages et se situe au CMU (av. de Champel 9) : T. 022 379 50 90,
> www.medecine.unige.ch/cds

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Dernière mise à jour : 31/07/2019