La neurorééducation aiguë : un programme personnalisé

La collaboration du patient et de ses proches est essentielle pour une NRA réussie. Les objectifs hebdomadaires sont définis et discutés ensemble. Il est important d’évaluer avec les différents professionnels de santé les progrès effectués ou les difficultés rencontrées.

La mobilisation

Après une évaluation des capacités physiques du patient, le physiothérapeute et l’ergothérapeute définissent des objectifs en lien avec la mobilité. Par exemple rester assis ou debout, marcher, se déplacer en fauteuil roulant, bouger les bras, etc.

La physiothérapie est adaptée aux besoins et à l’évolution fonctionnelle de chacun. Elle vise à regagner de la force et de la coordination musculaire. La sensibilité, l’équilibre et l’endurance à l’effort sont également travaillés. Si besoin, des exercices sont proposés pour améliorer la fonction respiratoire ou diminuer les douleurs.

Les gestes de la vie quotidienne

L’ergothérapeute cible ses thérapies sur la rééducation du membre supérieur (épaule, bras, main). Il met également en place des stratégies en collaboration avec l’équipe infirmière pour retrouver un maximum d’autonomie dans les activités quotidiennes: hygiène, habillage, alimentation, etc.

Les fonctions cognitives

La mémoire, la concentration, la réflexion, etc. sont les fonctions dites cognitives. Elles font l’objet d’une évaluation par le neuropsychologue. Leur rééducation, fondée sur les capacités du patient, fatigue autant l’organisme que des exercices physiques. Elle requiert un temps de repos nécessaire pour intégrer les apprentissages et augmenter le potentiel de récupération.

Le langage

Le logopédiste établit un bilan du langage et de la parole. Il propose une rééducation adaptée fondée sur les capacités existantes. Le programme de soins concerne l’expression orale, la compréhension, l’écriture et la lecture. Un travail ciblé sur la mobilité des muscles utilisés lors de la parole est parfois nécessaire.

La déglutition

Les lésions cérébrales peuvent gêner la déglutition. Des difficultés apparaissent parfois pour avaler la salive, les liquides ou les aliments. Une partie du bol alimentaire peut aller dans les poumons au lieu l’estomac. Cela entraîne un risque d’asphyxie ou de pneumonie. C’est ce qu’on appelle les fausses-routes. Afin de retrouver une déglutition normale, le logopédiste rééduque les muscles de la bouche, des joues et du larynx. Puis il propose des exercices de réalimentation. Un programme d’alimentation est mis en place avec les soignants. Il prend notamment en compte la texture des plats: mixés, hachés ou normaux et la possibilité ou non de boire de l’eau (plus ou moins épaissie).

Si les troubles de déglutition sont importants, il peut être nécessaire de procéder à une trachéotomie. Cette opération consiste à pratiquer une ouverture à la base de la gorge et à introduire une canule entourée d’un ballonnet dans la trachée. Le ballonnet protège les poumons des fausses-routes. La canule permet à l’air de pénétrer dans les voies respiratoires.

Retrouver une respiration normale sans ce dispositif est l’un des objectifs thérapeutiques de la NRA. Le logopédiste, l’infirmier et le médecin mettent en place un programme de soins pour permettre ce sevrage.

+ INFO
Les infirmiers, les assistants en soins et santé communautaire, les aides-soignants et les aides en soins et accompagnement participent au programme thérapeutique. Ils définissent avec le patient et ses proches des objectifs quotidiens adaptés.

Dernière mise à jour : 02/07/2018