Fibromes utérins : des solutions existent

Le service de gynécologie des HUG offre une prise en charge diagnostique et thérapeutique personnalisée aux femmes souffrant de fibromes utérins.

Les fibromes utérins, aussi appelés myomes ou léiomyomes, sont des tumeurs bénignes qui se développent au sein de l’utérus. Ces tumeurs sont constituées de cellules musculaires lisses et forment des masses de taille variable, allant de quelques millimètres à plusieurs dizaines de centimètres.

Les fibromes utérins sont les tumeurs bénignes les plus fréquentes chez la femme. Ils concernent près de 25 millions de femmes en Europe, dont 20 à 40 % des femmes avant l’âge de 35 ans, et constituent un véritable problème de santé publique. Ils sont la première cause de consultation en gynécologie entre 40 et 50 ans.

Selon une étude internationale réalisée auprès de plus de 21'700 femmes souffrant de fibromes utérins, les symptômes affectent la vie sexuelle de près d’une femme sur deux et la performance au travail de plus d’une femme sur quatre. Chez 16 % d’entre elles, ils influencent jusqu’au choix de leurs vêtements au quotidien.

Longtemps, l’hystérectomie (ablation de l’utérus) était la seule option thérapeutique. Actuellement,  des alternatives médicales et chirurgicales traitent les fibromes utérins et améliorent la qualité de vie des femmes sans retirer l’utérus.

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Médecin responsable : Dr Jean Dubuisson

Quels sont les symptômes des fibromes utérins ?

Chez deux femmes sur trois, les fibromes utérins ne provoquent pas de symptôme spécifique. Ils sont diagnostiqués lors du contrôle gynécologique annuel.

Mais dans un tiers des cas, selon leur taille ou leur emplacement, ces fibromes peuvent provoquer les symptômes suivants :

  • des saignements abondants en dehors des règles
  • des règles hémorragiques (anormalement longues et abondantes)
  • des problèmes urinaires ou digestifs (si un fibrome utérin appuie sur la vessie ou le rectum)
  • des douleurs pelviennes (dans le bas du ventre)
  • des douleurs pendant les rapports sexuels
  • une pesanteur dans le bassin ou un gonflement de l’abdomen
  • des troubles de la fertilité.

Quand devez-vous consulter ?

Consultez votre gynécologue ou contactez la consultation des fibromes utérins lorsque les symptômes deviennent gênants et altèrent votre vie sociale, professionnelle ou affective.

Comment se déroule la consultation ?

Au cours du premier rendez-vous, le/la médecin vous pose des questions pour connaître :

  • vos antécédents (grossesse, chirurgie pelvienne, cas de fibromes dans la famille, etc.)
  • vos habitudes de vie et les médicaments que vous prenez
  • vos symptômes et votre éventuel désir de grossesse.

Puis, il/elle pratique un examen gynécologique et prescrit une échographie pelvienne ou une imagerie à résonance magnétique (IRM) pour confirmer le diagnostic.

En fonction des résultats de la première consultation, le/la médecin présente votre situation à un colloque pluridisciplinaire. Avec plusieurs autres spécialistes (radiologue, spécialiste de la fertilité, etc.), il définit le traitement le mieux adapté à votre état, puis en discute avec vous.

Quels sont les traitements possibles ?

Lorsqu’ils sont asymptomatiques, les fibromes utérins requièrent uniquement un suivi régulier. Un traitement spécifique s’impose lorsque les symptômes affectent la qualité de vie ou si les fibromes sont responsables de problèmes de fertilité.

Les traitements conservateurs

Aujourd’hui, l’approche privilégiée par les médecins du service de gynécologie pour le traitement des fibromes utérins vise autant que possible à conserver l’utérus, afin notamment de préserver la possibilité de grossesse ultérieure. On parle d’approche « conservatrice ».

Les traitements conservateurs peuvent être de trois natures :

  • Traitement médical 

Les traitements hormonaux classiques (pilules œstro-progestatives, progestatifs, stérilet hormonal) sont utilisés depuis de nombreuses années pour réduire les saignements utérins anormaux. Cependant, leur efficacité est parfois limitée et ils ne permettent pas de réduire la taille des fibromes.

Depuis 2013, un traitement hormonal comprenant un modulateur sélectif des récepteurs à la progestérone est disponible en Suisse : il est particulièrement efficace en réduisant la taille du fibrome et en diminuant les symptômes dans près de 80% des cas.

  • Traitement chirurgical (myomectomie)

La myomectomie est un traitement chirurgical qui consiste à retirer uniquement le ou les fibromes afin de conserver l’utérus et la possibilité d’une grossesse ultérieure. L’intervention se déroule le plus souvent sous anesthésie générale. Une approche mini-invasive est systématiquement privilégiée (laparoscopie, hystéroscopie). C’est le traitement de référence chez les femmes ayant un désir de grossesse.

  • Traitement par embolisation radiologique

Le traitement par embolisation radiologique consiste à injecter des microbilles formées de gel dans les vaisseaux sanguins qui alimentent le fibrome pour les boucher et « assécher » le fibrome en le privant de sang. Cette intervention est réalisée sous anesthésie locale par un/une médecin radiologue de l'unité de radiologie abdominale et interventionnelle. Elle est réservée aux femmes n’ayant plus de désir de grossesse.

L’hystérectomie

L’hystérectomie consiste à retirer l’utérus. Cette opération est réservée aux femmes ne souhaitant pas préserver leur fertilité.

Lorsque cette indication est posée chez une femme qui n’a pas eu d’enfants, un suivi psychologique spécifique est systématiquement proposé.

Quelle que soit votre situation, le/la gynécologue discute avec vous les risques et bénéfices des différentes options thérapeutiques et vous accompagne dans votre choix.

Votre séjour à l’hôpital prend fin après une intervention chirurgicale gynécologique? Consultez la brochure Suites postopératoires en gynécologie.

Fibromes utérins : facteurs de risque et prévention

Certains facteurs augmentent le risque de développer des fibromes utérins :

  • origine africaine et afro-américaine
  • obésité ou surpoids
  • nulliparité (femme n’ayant jamais eu de grossesse menée à terme)
  • premières règles précoces (avant l’âge de 10 ans)
  • contexte hormonal (hyperœstrogénie dite relative, à savoir une sécrétion d'œstrogènes normale ou augmentée, mais prolongée par rapport à la sécrétion de progestérone)
  • prédisposition familiale
  • hypovitaminose D (carence en vitamine D).

Adopter un mode de vie sain agit sur les facteurs de risque et contribue à prévenir l’apparition de fibromes utérins. Vous pouvez réduire votre risque personnel en améliorant quelques habitudes de vie :

  • mangez sainement et de façon équilibrée, en consommant des aliments variés, en privilégiant certaines catégories particulièrement utiles à votre santé (farineux, produits laitiers, fruits et légumes, viande, poisson, œufs) et en limitant la consommation des autres (produits gras ou sucrés)  
  • pratiquez une activité physique régulière
  • limitez votre consommation de café et d’alcool
  • pensez au sevrage tabagique si vous fumez.

Contact

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Médecin responsable Dr Jean Dubuisson

Dernière mise à jour : 11/02/2019