Epidémiologie

Les punaises de lit sont des insectes cosmopolites. Tous les niveaux de contamination ont été décrits : cas isolés, cas groupés (EMS, Hôtel, Hôpital), contamination totale d’un bâtiment ou flambée épidémique dans une ville (Royaume Uni en 1998 et 1999, Pise en Italie en 2003, New York au début 2010 etc….). Depuis 2005, on démontre en France, un triplement des interventions contre cet insecte.

Le Cimex lectularius a toujours été présent dans les grandes métropoles comme New York et ailleurs. Mais depuis les années 1950, il s'était fait plus discret dans les villes, d'où il avait presque disparu, tout en restant assez présent en milieu tropical. Néanmoins, leur recrudescence spectaculaire date des années 1990, et elle est liée à la conjonction de deux phénomènes récents, l'augmentation des voyages internationaux, et l'interdiction de pesticides puissants comme le dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT).

L’utilisation non contrôlée des insecticides à large spectre depuis la deuxième guerre mondiale a entraîné la survenue de résistances croisées entre le DDT et les pyréthrinoïdes qui posent un véritable problème de santé publique, en particulier aux Etats-Unis où ces résistances sont quasi constantes.

Le développement du tourisme a favorisé la transmission passive des punaises par l’intermédiaire des moyens de transport (avions, trains, bateaux) et également des bagages. La promiscuité, les migrations, la vente de meubles ou de livres d’occasions sont également des facteurs de risques dans le transport de punaises de lit. A Genève, comme dans toute la Suisse, des expositions aux piqûres des punaises de lit dans des auberges de jeunesse, ou des hôtels même luxueux ont été observées ces dernières années. Les lésions cutanées liées à leurs piqûres sont un motif de consultation en médecine de premiers recours aux Hôpitaux Universitaires de Genève.

Tableau clinique

Les punaises de lit provoquent des lésions dermatologiques extrêmement inconfortables. Leur mode d’action (aires de repos ou de sommeil peu éclairées) fait associer le repos à leurs piqûres auprès de leurs victimes, ne leur laissant pas de répit. Ceci induit fréquemment du stress et des angoisses psychosociales parfois profondes, notamment des dépressions, une parasitophobie, voire un isolement social. Les lésions cutanées siègent sur les parties découvertes et sont très variables : aspect urticarien centré par un point hémorragique, papules ou bulles, à disposition linéaire, très prurigineuses (avec recrudescence matinale) pouvant parfois laisser des séquelles pigmentaires.

Quatorze jours ou plus peuvent s'écouler entre la piqûre et l'apparition de réactions cutanées, ce délai variant selon la victime. Si les piqûres peuvent survenir en tout point du corps, elles se retrouvent le plus souvent au niveau du visage, du cou, des bras, des jambes et de la poitrine.

Si certaines personnes n'ont aucune réaction aux piqûres, d'autres auront une faible réaction cutanée ou plus rarement, une réaction allergique grave. Des cas de choc anaphylactique ont été décrits, probablement par réaction immuno-allergique à la nitrophorine de la salive des punaises.

Cet insecte ne transmet aucune maladie bactérienne ou virale connue à l’homme.

Dernière mise à jour : 12/03/2018