Qu'est-ce qu'une dépression périnatale?

Qu'est-ce qu'une dépression périnatale?

Devenir parent implique d’importants bouleversements dans la vie d’une femme et d’un homme. Il s’agit d’une étape de développement, qui provoque une période de crise et de remaniements physiques et psychiques. Durant la grossesse ou dans l’année qui suit la naissance d’un enfant, la dépression touche 1 femme sur 8 et presque autant d’hommes!

Non reconnue, elle cause beaucoup de souffrances dans les familles (difficultés relationnelles avec l’enfant, divorces) et peut avoir de lourdes conséquences sur l’enfant. Pourtant, ces dépressions répondent particulièrement bien aux thérapies psychologiques brèves, souvent sans médicaments. Il est donc important de reconnaitre les premiers signes de dépression et d’oser en parler! 

Quelle différence entre le baby blues, la dépression périnatale et la psychose postnatale?

  Baby blues Dépression du post-partum Psychose du post-partum
 Type de trouble  Trouble léger, N’est pas considéré comme une maladie  Maladie d’intensité variable  Maladie grave
Particularités   Forte émotivité, Humeur labile, Ne dure pas plus de quelques jours  Symptômes dépressifs persistant plus de 2 semaines  Confusion, discours et comportements étranges, idées délirantes
 Fréquence  > 50%  13%  0.1 à 0.3%
 Moment du début  Entre le 2e et le 5e jour qui suivent l’accouchement  Variable dans l’année qui suit l’accouchement. Pic au cours des 3 premiers mois  Dans les 2 semaines qui suivent l’accouchement
 Durée  Courte : maximum 1 semaine  De quelques semaines à plusieurs années  Quelques semaines à quelques mois
 Nécessité de soins  Non. Du repos et une attitude soutenante de l’entourage suffisent  Oui, sinon risque de chronicité, parfois rémission spontanée  Oui, de manière urgente. Risque de suicide ou d’infanticide. Hospitalisation

Tiré de livre «La dépression postnatale, sortir du silence». N. Nanzer. Edition Favre 2009.

Qu’est-ce que la dépression périnatale? 

Il s’agit d’une dépression qui apparait durant la grossesse ou la première année postpartum. Elle est parfois déclenchée par une raison particulière, mais le plus souvent ce n’est pas le cas. La personne se sent souvent coupable de ne pas se sentir heureuse alors que l’entourage et la société tendent à idéaliser cette étape de vie. Le parent n’en dit souvent rien mais il ne se sent pas à la hauteur et pense qu’il n’est pas fait pour ce rôle, alors même qu’il peut avoir beaucoup désiré cet enfant.

Quand débute-t-elle? 

Durant la grossesse ou n’importe quand durant l’année qui suit un accouchement. Les parents qui ont déjà un ou plusieurs enfants sont aussi concernés.

Combien de temps dure-t-elle? 

De quelques mois à plusieurs années si elle n’est pas détectée et traitée. Un risque de récidive existe pour les grossesses suivantes.

Comment savoir s’il s’agit d’une réelle dépression? 

La frontière entre le processus d’adaptation «normal» à la naissance d’un enfant et la pathologie de la dépression n’est souvent pas aisée. Tout accès à la parentalité est un bouleversement pour la femme, l’homme et le couple. Plusieurs mois sont nécessaires pour retrouver un certain équilibre. Pour certains, cette transition s’accompagne de sentiments si contradictoires, d’une remise en cause identitaire si profonde, qu’ils ne parviennent pas à y faire face: la dépression vient alors témoigner du débordement émotionnel. Chaque femme et chaque homme, en fonction de son histoire de vie, de son contexte social, de fragilités qui lui sont propres, traversera cette étape avec plus ou moins de facilité.

Il est important de ne pas rester seul(e) si:

  • l’idée de devenir/être parent éveille en vous des angoisses ou des éléments de votre passé qui vous obsèdent
  • vous éprouvez de la difficulté à vous sentir mère/père de cet enfant
  • vous vous percevez continuellement comme un « mauvais parent », «un parent incompétent»
  • vous vous inquiétez constamment et sans raison objective pour votre enfant ou pour vous-même
  • vous vous sentez régulièrement abattu et sans espoir pour l’avenir

Un questionnaire (EPDS) peut aider à quantifier l’importance des symptômes dépressifs -->Compléter le questionnaire 

Quelles en sont les conséquences? 

Sans aide, la dépression peut devenir chronique et évoluer à bas bruit. La maman ou le papa perd confiance en ses capacités, pense qu’il est un mauvais parent, ne réalise souvent pas qu’il ou elle est déprimé(e). Les couples se fragilisent et parfois n’y survivent pas.  Les enfants sont les victimes les plus fragiles des dépressions du postpartum. Leur développement dépend en grande partie des échanges et interactions avec leur maman puis aussi avec leur papa. Ces échanges sont très souvent perturbés par la dépression du parent qui est moins disponible psychiquement pour son entourage. Une dépression légère ou modérée qui persiste est tout aussi délétère pour l’enfant qu’une dépression grave.

Que faire? 

Ne pas rester seul(e)! En parler à votre conjoint, à un proche, à votre médecin ou à un autre professionnel (sage-femme, médecin, infirmière, …). Durant la grossesse, un Entretien prénatal de dépistage gratuit, ouvert à toute femme enceinte, estproposé à la Maternité des HUG, au Planning familial et à l’Arcade sages-femmes. La Guidance infantile oriente les parents en souffrance avant ou après la naissance d’un enfant. En cas d’urgence, les services d’urgence adultes ou pédiatriques des HUG vous répondent 24h/24h (par téléphone ou sur place).

Quand est-il urgent de consulter?

  • lorsque l’épuisement empêche le parent de prendre soin de son bébé
  • lorsque le parent ne parvient plus à garder espoir ou pense que mourir serait le moyen d’échapper à sa souffrance.

Comment se soignent ces dépressions? 

Les dépressions légères peuvent régresser avec le simple soutien de la famille, d’amis ou de professionnels de la santé entourant les jeunes parents (sage-femmes ou infirmières à domicile,obstétricien, pédiatre, généraliste, …). Les dépressions plus sévères ou persistantes nécessitent des soins psychologiques ou psychiatriques plus spécifiques: thérapies brèves centrées sur la parentalité effectuées par les pédopsychiatres et psychologues d’enfants – psychothérapies centrées sur la personne effectuées par les psychiatres et psychologues d’adultes – aide médicamenteuse (pas toujours nécessaire) – centres de crise - hospitalisation si nécessaire (des hospitalisations mère-bébé sont possibles à l’UPHA des HUG).

Dernière mise à jour : 29/01/2019