Obésité

Obésité chez l'enfant

La situation actuelle est inquiétante

L’obésité est un problème majeur de santé en Europe et ailleurs. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, l’obésité constitue une « épidémie non-infectieuse» d’une importance considérable qui touche aussi les plus jeunes. Le nombre d’enfants et d’adolescents atteints a triplé voire quadruplé pendant les dernières décades.

En Suisse, plus de 20 % sont déjà en excès de poids et 5 à 8 % sont atteints d’obésité. Il est important d’agir le plus tôt possible, d’autant plus que si l'obésité apparaît avant la puberté, elle risque de persister dans 20 à 50 % des cas à l'âge adulte. Mais cette éventualité s'élève à 50 %, voire à 70 %, si elle démarre après la puberté.

Pourquoi cette épidémie ?

Cette épidémie est principalement due à des changements de notre société qui entraîne un manque d’activité physique dans la vie quotidienne, une alimentation déséquilibrée, du stress et de l’anxiété : des enfants et des adolescents qui ont délaissé le sport et les amis au profit de la télé et des ordinateurs, qui sont souvent seuls, qui mangent trop ou qui mangent mal et qui grignotent entre les repas.

Quelles sont les conséquences de l’obésité ?

Avec 10, 20 ou 30 kilos en trop, la vie n'est plus la même : on doit s'habiller différemment, on ne peut plus courir sans s'essouffler, il faut supporter les moqueries des camarades. Pour les parents, le surpoids d'un enfant est toujours préoccupant.

L’obésité de l’enfant entraîne des complications médicales et psychosociales à court et à long-terme. L’apparence physique entraîne une isolation sociale et une baisse de l’estime de soi, qui peuvent avoir des conséquences directes sur le développement psychique et le comportement.

Elle est également associées au développement des premiers signes de maladies cardiovasculaires et de diabète de type 2, déjà avant la puberté: augmentation des lipides, de l’insuline, et du glucose sanguins, hypertension et altérations de la fonction des artères.

Les autres complications qui peuvent se développer chez l’enfant obèse sont: le syndrome d’apnée du sommeil, l’asthme et l’intolérance à l’effort, des problèmes articulaire (épiphysiolyse fémorale, par exemple), les affections de la peau, et des troubles digestifs.

Il est donc important de traiter l’obésité le plus tôt possible afin d’éviter le développement de ces complications. L’impact sur la qualité de vie et la santé psychique ne doit pas être négligée.

L’obésité chez l’enfant

Comment traiter ?

Le but du traitement est de stabiliser le poids pendant la croissance afin de normaliser l’indice de masse corporelle à long-terme. Il implique des changements du style de vie de toute la famille : bouger plus, manger mieux, vivre en équilibre. Il est aussi essentiel d’améliorer le bien-être et la qualité de vie de l’enfant et de sa famille. Le traitement de l’obésité est difficile et son succès à long-terme dépend du maintien des changements de comportement de l’enfant mais aussi de ses parents.

La thérapie de l’obésité vise à :

  1. Faire comprendre les causes du surpoids (mode de vie, anamnèse personnelle et familiale)
  2. Augmenter l'activité physique de la famille, améliorer la perception du corps, et diminuer les activités sédentaires (télévision, jeux électroniques, ordinateurs)
  3. Améliorer les habitudes alimentaires de la famille (connaissances et choix des aliments, rythme des repas, quantités, talents culinaires)
  4. Promouvoir l’estime de soi et l'aptitude à faire face au conflit
  5. Renforcer le rôle parental
  6. Diminuer l’indice de masse corporelle, le pourcentage de graisse et le tour de taille, et stabiliser ces changements à long-terme
  7. Prévenir ou ralentir le développement des complications.

Manger mieux

Les parents sont invités à mettre en pratique l'équilibre alimentaire et à proposer à leur enfant des aliments sains et variés ainsi qu'une structure alimentaire régulière.
Pour en savoir plus …

… pas forcément moins, mais MIEUX !

Bouger plus

L’activité physique seule ou combinée avec de l’éducation nutritionnelle est un facteur déterminant de l’efficacité et de l’évolution à long terme de la thérapie. La dépense d’énergie induite par l'activité physique joue un rôle important dans le bilan énergétique qui détermine le poids et la composition du corps. De plus, un style de vie physiquement actif pendant l'enfance a des effets bénéfiques sur la pression artérielle, le bien-être psychique et l’estime de soi, la densité minérale osseuse, la force musculaire, la vitesse et la coordination, aussi bien qu'une prédisposition à l'activité physique accrue pendant la vie adulte. Les directives nationales indiquent que les enfants devraient faire au moins 60 minutes d’activité physique par jour (Réseau suisse Santé et activité physique) . Il faut donc encourager les enfants en surpoids à se déplacer à pieds ou à vélo, à pratiquer des activités de loisirs et sportives, et à diminuer le temps passé devant les écrans de télévision et d’ordinateurs (maximum 1 heure par jour).

Cependant, les enfants obèses sont en général peu actifs, en raison de la fatigue à l’effort, de la baisse de l’estime de soi et des affections orthopédiques. L'activité physique devrait donc être adaptée à la capacité de l'enfant ou de l’adolescent, afin d'éviter le découragement et l’abandon, ce qui n’est souvent pas possible dans les associations sportives qui poursuivent un but de compétition. Les programmes d’activité physique adaptés aux enfants ou adolescents en surpoids peuvent améliorer leurs capacités physiques et leur permettre de s’intégrer dans un groupe d’individus similaires, où ils n’ont pas besoin de se cacher du regard de l’autre.

La famille

La famille est considérée comme la base du développement psychique de l’enfant et de l’adolescent, influençant son comportement, sa santé et sa qualité de vie. Le surpoids et l’obésité chez les parents est un facteur important qui contribue au surpoids chez l’enfant.

 

Comment prévenir l'obésité pendant l'enfance ?

Les mesures de prévention doivent viser à augmenter l’activité et l’éducation physique à l’école, la participation au sport, le nombre de places de jeux et de sport, et améliorer la sécurité sur les routes.

Il est également urgent d’améliorer la qualité des aliments destinés aux jeunes et de modifier les législations afin d’interdire la promotion des aliments riches en énergie et pauvres en nutriments (boissons sucrées, snacks, etc.), selon la nouvelle charte Européenne.

Les parents ont aussi un rôle important à jouer : pas seulement aimer, mais aussi éduquer, poser des limites, écouter et prendre du temps pour leurs enfants. La société actuelle va vite, bien trop vite : les enfants ont besoin de temps et d’attention pour bien grandir.

Finalement, les mesures de prévention primaires sont essentielles pour renforcer l’efficacité du traitement des enfants ou des adolescents déjà atteint de surpoids.Les mesures de prévention doivent viser à augmenter l’activité et l’éducation physique à l’école, la participation au sport, le nombre de places de jeux et de sport, et améliorer la sécurité sur les routes.

Il est également urgent d’améliorer la qualité des aliments destinés aux jeunes et de modifier les législations afin d’interdire la promotion des aliments riches en énergie et pauvres en nutriments (boissons sucrées, snacks, etc.), selon la nouvelle charte Européenne.

Les parents ont aussi un rôle important à jouer : pas seulement aimer, mais aussi éduquer, poser des limites, écouter et prendre du temps pour leurs enfants. La société actuelle va vite, bien trop vite : les enfants ont besoin de temps et d’attention pour bien grandir.

Finalement, les mesures de prévention primaires sont essentielles pour renforcer l’efficacité du traitement des enfants ou des adolescents déjà atteint de surpoids.

 

Quelques conseils à l’usage des parents

Activité physique

  • limiter le à 1 heure par jour environ le temps passé devant les écrans (TV, ordi…)
  • Favoriser les trajets à pied ou à vélos, y compris en famille
  • Inscrire l’enfant à des activités sportives et à des camps de vacances en prenant soin d’adapter les activités à sa capacité.
  • Planifier des activités physiques pendant les week-ends

Alimentation

  • Encourager l’enfant à goûter à tout, même en toute petite quantité
  • 5 fruits ou légumes par jour (fruits coupés pour la récréation ou pour le dessert, légumes crus excellents à croquer: carottes, tomates, fenouil, concombre, céleri…)
  • Choisir, si possible, des aliments non transformés industriellement ou pré-préparés
  • Prendre du temps pour cuisiner et y faire participer les enfants
  • Servir des portions raisonnables : une assiette par personne suffit. Pour éviter les tentations, laissez les plats hors de vue
  • Ne pas forcer l’enfant à finir son assiette, il sait se réguler
  • Servir de l’eau au lieu de boissons sucrées : mettre un peu de jus de citron ou d’orange dans l’eau pour lui donner du goût
  • Eteindre la télévision pendant les repas, s’’asseoir à table, mâcher lentement, poser la fourchette de temps en temps pour goûter les aliments et mieux digérer
  • Ne pas sauter le petit déjeuner
  • Limiter l’achat des snacks et goûters, riches en sucres et en graisses
  • Viser une alimentation équilibrée plutôt que des restrictions : les régimes entraînent beaucoup de frustrations et l’enfant fait souvent le contraire en cachette
  • Renforcer les comportements positifs, encourager l'enfant car c’est difficile de ne pas pouvoir faire comme les autres !

L’obésité de l’enfant est enfin reconnue en Suisse et les thérapies en groupe sont remboursées par les caisses maladies

 

Alors que plus de 60'000 enfants et adolescents suisses sont atteints d’obésité et souffrent déjà de complications, l’obésité infantile n’était jusqu’à ce jour pas reconnue comme une maladie et les jeunes patients n’avaient droit à aucune prestations thérapeutiques. C’est pourquoi le groupe de travail « Obésité de l’enfant » de la Société Suisse de Pédiatrie (SSP) a élaboré un projet qui a été soumis à la Commission fédérale des prestations générales (ELK) et au Conseil Fédéral, et approuvé le 28 novembre 2007. La définition, le diagnostic, les indications et les modes de thérapie ont été définis. Afin de bénéficier d’un remboursement par les caisses maladies, les programmes thérapeutiques devront être supervisés par un médecin et englober les domaines de la pédiatrie, de la nutrition, de l’activité physique et de la psychologie. Ils comprendront des modules éducatifs et des programmes d’activité physique en groupe pour les enfants et/ou les parents pendant une durée minimale de 6 mois, avec un suivi pendant 24 mois. Tous les programmes de thérapie devront être certifiés par la SSP, en collaboration avec l’Association suisse de l’obésité de l’enfant et de l’adolescent (AKJ), et être évalués régulièrement selon un protocole national.

Cette nouvelle ordonnance fédérale sur les prestations de l’assurance obligatoire des soins constituent un grand pas en avant pour améliorer la prise en charge des enfants et des adolescents atteints d’obésité en Suisse. Ces jeunes développent très tôt les premiers signes de maladies chroniques, telles que maladies cardiovasculaires et diabète, et il est essentiel qu’ils puissent bénéficier d’un traitement adéquat dès l’enfance. C’est seulement à ce prix que nous pourrons peut être ralentir l’épidémie de maladies chroniques qui nous touche.

 

Dernière mise à jour : 29/01/2019