Personnaliser davantage les soins oncologiques grâce à l’intelligence artificielle

Colloque pluridisciplinaire pour discuter des situations cliniques et des traitements pour les patients souffrant de cancer

Les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) sont le premier hôpital universitaire en Europe à utiliser la technologie d’intelligence artificielle d’IBM Watson Health, Watson for Genomics® comme aide à l’identification d’options thérapeutiques pour les patients cancéreux. Cet outil d’intelligence artificielle (IA) permet aux oncologues de faire bénéficier leurs patients de traitements du cancer encore plus personnalisés et plus solidement fondés sur l’évidence clinique.

Pourquoi utiliser l’intelligence artificielle en oncologie ?

Aujourd’hui il existe plus de 200 cancers différents et près de 120 médicaments dans ce domaine. Une fois le diagnostic posé et les mutations génétiques identifiées, il est crucial d’étudier la littérature scientifique avant de déterminer le traitement le plus efficace. Plusieurs outils informatiques peuvent faciliter cette tâche et fournir rapidement, parmi quelque trois millions de publications, une liste d’articles évaluant des traitements.

Il y a un an, les HUG ont testé l’un de ces outils, Watson for Genomics®, un moteur de recherche sophistiqué développé par IBM et utilisé dans plusieurs pays à travers le monde, notamment aux Etats-Unis par la Mayo Clinic et le Massachussetts Institute of Technology. Par rapport à d’autres produits, cet outil présente un double avantage : les données sont envoyées sans aucun identifiant sur le patient et sont supprimées dès la fin de l’analyse bibliographique.

Jusqu’à présent, ce travail était réalisé manuellement par l’oncologue qui consultait pendant des heures, par exemple, PubMed avec le risque d’omettre une possible piste thérapeutique ou de passer à côté d’un essai clinique.

Du séquençage au traitement

Lorsqu’un cancer est décelé, les médecins des HUG peuvent réaliser un séquençage du génome de la tumeur. Le pathologue traite les résultats et sélectionne certaines mutations génétiques. Ces données sont compilées dans un fichier texte avec le libellé des altérations du gène, leur localisation et leur fréquence. Ce fichier est ensuite transmis sous une forme sécurisée à Watson for Genomics®.

Dix à quinze minutes plus tard, l’oncologue reçoit une revue de la littérature, également dans un format sécurisé. A partir de ce rapport qui comporte des références d’articles avec résumés et des liens directs sur les publications, il vérifie l’analyse et valide ou non les propositions. Le dossier complet du patient avec tous les résultats liés au diagnostic est ensuite présenté aux experts lors du Tumor Board moléculaire hebdomadaire. Les oncologues, pathologues, généticiens et autres experts étudient alors ensemble les différents traitements possibles.

250 patients par an

Depuis le 1er août 2019, les HUG ont utilisé une dizaine de fois Watson for Genomics® comme aide à l’identification de traitements pour des patients. Chaque année, quelque 250 patients, tous cancers confondus, suivis dans le cadre du Réseau romand d’oncologie, sont susceptibles d’être concernés par le recours à cet outil d’intelligence artificielle d’analyse de la littérature.

Dès 2020, le nombre de patients pourrait augmenter, tout comme le nombre de gènes analysés (400 aujourd’hui, peut-être 1'000 demain). Face à l’augmentation des cas complexes, des mutations génétiques identifiées et des publications scientifiques, il sera de plus en plus important d’être capable de traiter toute l’information et de personnaliser les traitements. L’intelligence artificielle contribuera à cette médecine de précision.

Plus d'infos : communiqué de presse

Dernière mise à jour : 11/09/2019