Les experts romands de l’oncologie personnalisée réunissent leurs compétences

Réseau romand d’oncologie

Initié par le CHUV et les HUG, avec le soutien des fondations Philanthropia et Famsa, le Réseau romand d’oncologie met à disposition des patients souffrant d’un cancer avancé de toute la Suisse romande une plateforme d’expertise commune.

Une fois par semaine, un colloque pluridisciplinaire examine par visioconférence les cas présentés par des oncologues en cabinet ou dans des hôpitaux périphériques. Après un peu plus d’une année de fonctionnement, le bilan d’activité est très encourageant. Plus de 300 personnes ont pu bénéficier d’une consultation personnalisée.

Oncologie personnalisée

Au-delà des traitements conventionnels (chimiothérapie, radiothérapie et chirurgie), la génomique a donné de nouvelles impulsions à l’oncologie. Grâce aux technologies de séquençage du génome, il est désormais possible de déterminer dans une tumeur non seulement la mutation principale responsable de la progression de la maladie, mais également les altérations moléculaires qui modulent la réponse aux traitements.

On parle alors d’oncologie personnalisée. Cette évolution entraîne une grande complexité au niveau analytique et dans le processus de prise de décision clinique. C’est pour cette raison que le CHUV et les HUG ont créé en 2014 le Réseau romand d’oncologie. Il réunit dans les deux hôpitaux universitaires l’expertise de nombreux spécialistes, tels que pathologues, bioinformaticiens, généticiens et oncologues, qui échangent leurs expériences lors d’un colloque pluridisciplinaire hebdomadaire.

Colloque pluridisciplinaire

Le colloque pluridisciplinaire – tumor board – moléculaire qui a lieu une fois par semaine en visioconférence entre le CHUV et les HUG est ouvert à tous les médecins oncologues exerçant dans un établissement hospitalier romand ou en cabinet. Ils peuvent se connecter par le biais d’un smartphone, d’une tablette ou d’un ordinateur personnel. Les patients dont ils soumettent le cas présentent généralement un cancer avancé et n’ont pas répondu à des traitements standards.

Sur la base de l’analyse moléculaire approfondie et des éléments cliniques apportés par l’oncologue référent, ils peuvent se voir proposer un traitement par un médicament non encore homologué (off label) ou la participation à un essai clinique.

Il arrive aussi qu’aucun traitement ne puisse être recommandé. Le suivi du patient se fait dans la mesure du possible au niveau régional, par son oncologue référent. Ainsi, les patients d’un bassin de population de 1,9 million de personnes ont accès à des traitements innovants.

L’expérience des douze premiers mois

Après une année de fonctionnement, les cas de plus de 300 patients ont été examinés et discutés.

Avec la possibilité de plusieurs options par cas, 51% des patients se sont vu proposer des essais cliniques pertinents, 44% ont pu recevoir des médicaments qui n’étaient pas encore homologués pour ce traitement (off label), 8% ont été orientés vers une consultation génétique. Pour 10% des patients, aucun traitement n’a pu être proposé.

Même si ce bilan est encourageant, il est encore trop tôt pour en tirer des résultats scientifiquement démontrables.

Rôle décisif de deux Fondations privées

L’oncologie personnalisée est porteuse de grands espoirs pour les patients atteints d’un cancer. Mais l’implication de nombreux spécialistes et l’analyse de toutes les données ont un prix très élevé.

Les activités du tumor board moléculaire n’auraient pas pu démarrer si vite sans le soutien de deux fondations privées à but philanthropique, la Fondation Philanthropia (Lombard Odier) et la Fondation FAMSA (Bernard Sabrier).

Elles contribuent chacune pour 1 million de francs sur une période de trois ans au Réseau romand d’oncologie.

Ces fonds privés ont permis d’une part de financer des postes supplémentaires de chercheur en immunologie travaillant exclusivement sur les données récoltées par le Réseau. Ils ont également permis d’engager des data managers pour gérer au mieux la récolte des données des patients.

Denis Pittet, Président du Conseil de fondation de Philanthropia, souligne : « Nous sommes heureux de contribuer au développement de ce réseau d’expertise, qui offre au patient un accès direct à la recherche de pointe et aux nouvelles thérapies qui peuvent être mises en œuvre aujourd’hui en oncologie. C’est aussi le rôle des fondations donatrices d’être capable de prendre des risques en soutenant des projets pilotes et innovants, tel que celui-ci. »

Pour Bernard Sabrier, Président du conseil de fondation, « FAMSA Foundation est honorée de soutenir un tel projet. Réunir sur une même plateforme les deux principaux acteurs de Suisse romande autour des nouvelles thérapies du cancer était essentiel. Grâce aux Professeurs Coukos, Michielin, Dietrich et leurs équipes, notre région se hisse au rang des meilleurs ».

Avec l’aimable participation et le soutien de :

Fondationa Philanthropia et Famsa       

Réseau romand d'oncologie