Votre quotidien à l'hôpital

Rééducation et récupération

La rééducation commence le plus rapidement possible, dès que votre état de santé le permet. Elle dépend de l’importance de vos atteintes (hémiplégie, hémiparésie, troubles de mémoire, difficultés à déglutir, etc.) et augmente en intensité au fur et à mesure que votre état s’améliore.

Elle débute dans le service de neurologie et peut se poursuivre, si besoin, dans un centre de rééducation. Elle vise le rétablissement et/ou le maintien de votre autonomie, c’est-à-dire votre capacité à gérer tous les gestes de la vie quotidienne.

Votre participation et votre motivation sont très importantes pour atteindre les objectifs fixés pour votre rééducation. Ceux-ci sont discutés et élaborés en partenariat avec vous. N’hésitez pas à poser des questions et à solliciter l’aide de l’équipe dans les étapes successives que vous traversez.

Selon l’atteinte cérébrale, les séquelles sont plus ou moins importantes. Elles peuvent être motrices, sensitives, mais aussi affecter l’équilibre, la coordination, la vision, la mémoire. Un problème de langage, de compréhension et des difficultés à articuler est également possible. Ces déficits sont parfois temporaires ou alors régressent lentement. Cette période peut durer plusieurs mois. Tous les moyens disponibles sont mis en oeuvre pour favoriser votre récupération. 

 

Alimentation

Si vous pouvez manger et boire sans peine, il suffit d’adapter vos repas à vos goûts (signalez à l’infirmière les aliments que vous n’aimez pas).

Il se peut que vous éprouviez des difficultés à vous nourrir (problèmes pour mastiquer ou avaler). Dans ce cas, un repas d’une texture différente (aliments hachés, mixés) vous est proposé. La récupération de la déglutition évolue différemment en fonction de la lésion. Une diététicienne est à disposition pour déterminer avec vous l’alimentation la plus adaptée.

Si vous faites des fausses-routes (les aliments descendent vers les poumons au lieu de l’estomac), vous risquez de développer des problèmes respiratoires ou une infection bronchique. Des mesures s’imposent :

  • pour les fausses-routes aux liquides (eau, café, etc.), il convient d’ajouter une poudre épaississante afin de modifier la texture.
  • pour les fausses-routes aux aliments solides, l’infirmière vous pose provisoirement une sonde allant du nez à l’estomac par laquelle est introduite une alimentation liquide équilibrée correspondant à vos besoins en calories. Dès que possible, vous reviendrez à une alimentation par la bouche.

Conseils pour mieux manger

  • Installez-vous confortablement, en position assise, le dos bien droit, la tête droite ou légèrement penchée en avant. 
  • Prenez peu d’aliments à la fois, en mettant la nourriture du meilleur côté de la bouche et de la langue.
  • Mangez lentement et ne parlez pas en même temps.
  • Restez un moment assis après le repas.

 

Elimination

L’AVC, suite à l’atteinte cérébrale, peut entraîner une difficulté à uriner. En règle générale, la rééducation permet une bonne récupération. Si on vous a posé une sonde urinaire, elle sera enlevée le plus rapidement possible. 

Une constipation, due à l’alitement, peut apparaître durant l'hospitalisation.

Conseils pour mieux éliminer

  • Buvez selon la prescription médicale, de préférence tout au long de la journée.
  • Surveillez vos selles. Demandez un laxatif à l’infirmière si vous en ressentez le besoin.
  • Gardez un urinal ou un vase à proximité.

 

Mobilisation

La mobilisation consiste à faire bouger un membre, une articulation. Elle s’effectue dès l’arrivée dans le service avec des changements de positions fréquents, une installation adaptée dans le lit. De façon générale, vous pourrez vous lever progressivement après 48 heures.

Avec l’aide des physiothérapeutes, des ergothérapeutes et des autres soignants, commence alors un apprentissage dont l’objectif principal est une récupération maximale des fonctions perdues ou détériorées. Cette rééducation va s’étendre
sur plusieurs semaines selon le degré de déficit.

La récupération de la force musculaire et de l’équilibre varie d’une personne à l’autre. La sensibilité peut être diminuée et des douleurs sont parfois présentes. La majeure partie de la récupération se fait le plus souvent dans les mois suivant l’AVC.

Avant la fin de votre séjour, si nécessaire, un ergothérapeute effectuera, après en avoir discuté avec vous, une visite à votre domicile afin d’évaluer les aménagements à prévoir. C’est l’occasion pour vous et vos proches de vous renseigner sur les aides dont vous pouvez bénéficier.

Conseils pour mieux bouger

  • Suivez les consignes données par l’équipe soignante (repos au lit, ne pas se lever seul, etc.).
  • Veillez à avoir une bonne position dans votre lit et dans votre fauteuil. Si vous ne vous sentez pas à l’aise, demandez de l'aide à l’équipe. Utilisez le matériel mis à votre disposition (coussin, fauteuil).
  • Touchez et massez le membre supérieur atteint pour le stimuler.
  • Vérifiez la température de l’eau ou de la nourriture avec la main non atteinte.

 

Communication

Si les lésions dues à l’AVC se situent du côté gauche du cerveau, vous pouvez souffrir de troubles du langage se manifestant par des difficultés d’expression - telles une peine à articuler (dysarthrie) ou à parler (aphasie) - de compréhension, d’écriture, de lecture.

Une logopédiste évalue vos capacités de communication et vous aide si nécessaire à récupérer les fonctions altérées. Il contribue à maintenir et à stimuler les fonctions existantes et à instaurer une autre façon de communiquer.

Vos proches sont invités à vous laisser le temps de dire quelques mots, à vous exprimer. Ils veillent à vous parler avec des phrases simples, en utilisant un langage normal et adapté, et à ne pas répondre à votre place.

SAVIEZ-VOUS ?
Dans le cerveau, les deux hémisphères sont impliqués dans différentes fonctions mentales. De plus, chaque hémisphère est relié à la partie opposée du corps : si quelque chose touche la partie gauche de votre corps, l’information ira au cerveau droit et si vous attrapez une chose avec votre main droite, l’ordre vient du cerveau gauche.

Conseils pour mieux communiquer

  • Prenez votre temps pour parler.
  • Faites des phrases courtes.
  • Aidez-vous de gestes pour vous faire comprendre.
  • Parlez à une seule personne à la fois afin de faciliter la conversation.

 

Emotions

Vous traversez une épreuve difficile et vos réactions émotionnelles sont aussi modifiées par l’atteinte cérébrale. Cela peut se traduire par une agressivité et/ou une irritabilité accrue(s), des épisodes des pleurs, des sautes d’humeur sans raison apparente.

A ces répercussions normales peuvent s’ajouter des craintes concernant votre apparence physique ou vos futures capacités à retrouver une vie normale et une vie sexuelle épanouie. Rassurez-vous, une période d’adaptation est nécessaire et vos perceptions vont changer au fur et à mesure de votre rééducation.

Conseils pour mieux gérer vos émotions

  • Partagez vos émotions. Toutes sont acceptables et les verbaliser peut vous aider. 
  • Ouvrez-vous aux autres, demandez de l’aide.

 

Famille

La survenue d’un AVC, l’hospitalisation et la rééducation sont des périodes difficiles pour vous et vos proches. La récupération exige beaucoup d’efforts physiques et de courage. La plupart des personnes trouvent en elles et en leur entourage la force nécessaire pour s’adapter à tous ces changements. Les équipes soignantes sont aussi là pour vos proches s’ils en expriment le besoin.

 

Dernière mise à jour : 06/02/2019