Prévention chez le nouveau-né

Le nombre de personnes allergiques augmente et de nombreux parents s’inquiètent et veulent prévenir les maladies allergiques chez leurs enfants. Or, il est actuellement prouvé que certaines mesures de prévention peuvent être efficaces. Le but des informations qui suivent est de proposer des mesures préventives raisonnables selon l'état actuel des connaissances médicales.

La prévention de l'allergie, chez qui ?

Ces recommandations visent à prévenir l’apparition de maladies allergiques. L’eczéma atopique, l’asthme et la rhinite allergique font  partie des allergies classiques. Si deux membres de la famille immédiate (les deux parents, ou un parent et un frère ou une sœur du nouveau-né ou du nourrisson) souffrent d’une maladie allergique, il est admis que le risque de développer une maladie allergique est élevé (environ 60 à 70%) et que des mesures en matière d’alimentation et d’environnement sont justifiées.

L'alimentation

L’allaitement maternel est recommandé chez tous les nouveau-nés. Il exerce un effet préventif pour l'allergie jusqu’à l’âge de 4 à 6 mois. La maman, de son côté, n’a pas besoin de changer son alimentation pendant l'allaitement.

Pour les enfants qui ne sont pas ou plus allaités, il existe divers types de préparations à base de protéines du lait pour nouveau-nés et nourrissons. Plusieurs études montrent un bénéfice des préparations partiellement hydrolysées (laits HA) particulièrement en ce qui concerne les manifestations allergiques précoces, si elles sont données jusqu’à l’âge de 4 à 6 mois.

Les laits plus fortement hydrolysés pourraient également être indiqués. L'utilisation de lait d'autres mammifères tels que chèvre, brebis ou jument ou de préparations à base de soja doit être déconseillée.

L'introduction d'aliments solides (purées, etc.) ne devrait pas survenir avant le début du 4ème mois.

Les aliments devraient être introduits un par un sur une période de 3 jours selon le plan suivant :

Recommandations pour l’alimentation des nouveau-nés et nourrissons à risque élevé d’atopie (2 parents, ou 1 parent et 1 frère/sœur allergiques)

De la naissance au début du 4ème mois
Allaitement maternel ou préparation hypoallergénique

Dès 4 mois
Poursuite de l’allaitement introduction des solides, y compris œuf, produits laitiers, poisson, céréales avec gluten.

Dès 6 mois
Introduction d'une préparation lactée usuelle pour nourrisson

Dès 10 mois
Introduction des produits laitiers

Fruits exotiques et fruits à coque, arachides
Autorisés dès le début de la diversification, sous forme adaptée aux nourrissons (mixés, gâteaux, etc.)

En cas d’eczéma sévère du nourrisson

Un bilan allergologique (tests cutanés) peut être proposé avant l’introduction des aliments à risque d’allergie (œuf, blé, poisson, fruits à coque, soja, etc.).

En cas de réaction suggérant une allergie, un diagnostic précis devrait être obtenu avant de débuter un régime d’éviction.

En cas de risque allergique modéré (un membre de la famille immédiate avec une allergie diagnostiquée), l'introduction des aliments peut se faire selon le schéma habituel. Si l'enfant n'est pas allaité, un lait partiellement hydrolysé ou un lait hydrolysé peut être donné jusqu'à 4 à 6 mois.

 

L'environnement

La prévention des maladies allergiques implique aussi de modifier l'environnement de l'enfant  en éliminant les allergènes qui peuvent être assez facilement contrôlés (acariens de la poussière, moisissures, blattes, etc.).

En ce qui concerne les acariens, l’unité d’allergologie pédiatrique recommande des mesures d'éviction simples (seulement 1 à 2 peluches lavables dans le lit, lavage de la literie à 60°C, passage de l’aspirateur 2 fois par semaine, aération de la chambre 2 fois par jour, température idéale entre 18 et 20°C).

Une famille présentant un risque élevé d'allergie ne devrait pas prendre un animal à fourrure (chat, chien, lapin, etc.). À noter que, selon les connaissances médicales actuelles, la présence d'un chat à la maison ne protège pas des allergies.

L'effet néfaste de la fumée de tabac pendant la grossesse ou dans l'environnement de l'enfant a été clairement établi. L’unité d’allergologie pédiatrique encourage vivement les parents fumeurs d'enfant allergique à arrêter de fumer.

Ces recommandations ont été élaborées par le Groupe des pédiatres immunologues et allergologues suisses (PIA-CH) et la Commission de spécialité de la société suisse d'allergologie et d’immunologie.

Remarque importante

Ce contenu est un complément à l’information donnée par votre médecin lors d'une consultation.  Interprété de manière isolée, il pourrait conduire à des mesures inadéquates. L’équipe de l’unité d’allergologie pédiatrique est à votre disposition pour répondre à toutes vos questions.