Projets innovants aux HUG

Chaque année, la Journée de l'Innovation décerne un prix et deux trophées. Ces récompenses mettent en avant des projets particulièrement innovants développés au sein des HUG. Voici une rétrospective des projets primés en 2010, 2011, 2012, 2013, et 2014.

Prix de l’Innovation 2014 : sauver les jeunes mamans de la mort après un accouchement

Très engagés dans des projets à visée humanitaire, le Dr Oliver Hartley du département de pathologie et immunologie de la Faculté de médecine de Genève et le Pr Robin Offord de la même faculté sont également tous deux actifs au sein de la Fondation Mintaka. Avec cette dernière, ils ont mis au point un nouveau dispositif pour stopper les hémorragies incontrôlées après les accouchements, tuant près de 140'000 femmes par an, dont 99% se trouvent dans des pays en voie de développement. L'administration d'oxytocine par injection était jusqu'à présent le meilleur traitement pour éviter ces saignements, mais cette substance résiste mal à la chaleur et nécessite une prise en charge médicalisée. L'accès à ces soins pour les femmes situées dans des zones plus reculées est dès lors limité. L'innovation de ce projet réside dans la production d'oxytocine sous forme sèche, résistant à la chaleur et administrée grâce à un inhalateur. Une prise facile, permettant une bonne conservation du produit et annulant les contraintes techniques.

Les trophées 2014

  • Régénération de tissus mous in situ à visée reconstructive et esthétique
    Le service de chirurgie plastique, reconstructive et esthétique des HUG en collaboration avec l'EPFL et la startup PB&B ont développé une technologie inédite pour la régénération de tissus graisseux. L'innovation consiste en l'utilisation de microsphères biodégradables, injectées dans les tissus mous, permettant grâce aux facteurs biologiques qu'elles contiennent, de stimuler le développement de cellules adipeuses in situ. L'optique pour la suite ? Greffer les tissus obtenus à certaines parties du corps, sans introduire un corps étranger (par exemple : reconstruction mammaire, remodelage du visage pour un patient atteint du VIH, etc.).
    Les premiers tests sur animaux ont commencé aux HUG depuis deux mois, sous la direction du Dr Ali Modarressi du service de chirurgie plastique, reconstructive et esthétique des HUG, avec des résultats encourageants. Les premiers tests cliniques sur des patients sont prévus d’ici mi-2016.
  • L'approche Geneva micro-cocktail : un pas vers une médication personnalisée
    Pour soigner une même maladie, l'approche traditionnelle consiste à administrer aux patients le même médicament à la même dose. Or tous les patients ne répondent pas de la même manière ; ce qui est bénéfique pour certains peut être inefficace, voire toxique pour d’autres. Les cytochromes P450 (enzymes responsables de la transformation des médicaments) sont en grande partie responsables de cette différence dans la réponse au traitement. En concevant une capsule pour tester simultanément les principales voies métaboliques, on peut déterminer l'activité réelle de ces enzymes et proposer au patient un meilleur ajustement du traitement. Autre avantage, le test peut être réalisé à partir d'une seule goutte de sang prélevée directement au bout du doigt, offrant plus de confort et de sécurité pour le patient.
    L'ambition de ce projet, fruit d'une collaboration entre la pharmacologie clinique et le centre universitaire romand de médecine légale, est de commercialiser une solution complète (incluant la capsule, le kit de micro-prélèvement, l'analyse et l'interprétation pharmacologique) pour évaluer in vivo l'activité des cytochromes P450.
  • Un dispositif dynamique pour atténuer le sentiment d’attente
    Parmi les autres projets novateurs présentés cette année, citons InfoKids qui remporte le Prix Coup de coeur financé par la Fondation Artères. Présenté par le Dr Johan Siebert et conçu par le service des urgences pédiatriques et le service des sciences de l'information médicale, un écran dynamique visualise, sous une forme ludique avec une petite voiture, la position de l'enfant dans la file d'attente par rapport à son degré d'urgence. L'enfant voit ainsi sa petite voiture avancer jusqu'au box où l'accueille le médecin quand son tour est arrivé. Par ailleurs, un système intelligent de rappel par sms autorise les parents avec les enfants présentant des pathologies peu graves à quitter momentanément les urgences sans perdre leurs places et à revenir un peu avant que ne vienne leur tour. Une façon intuitive d'informer le patient et son entourage et de réguler les impatiences inhérentes avant toute prise en charge aux urgences.

Prix de l’Innovation 2013 à un poumon test révolutionnaire et salutaire

Il se nomme POUTAC : POUmon Test pour l’Arrêt Cardiaque, et c’est lui qui remporte le Prix de l’Innovation 2013. Conçu par des spécialistes en réanimation et anesthésiologie des HUG, dont le Dr Jean-Christophe Richard, POUTAC consiste en une sorte de mannequin qui peut simuler précisément le fonctionnement du système cardiaque et respiratoire d’un être humain. Il est destiné à permettre tant aux professionnels qu’au grand public de mieux comprendre pourquoi, en cas d’arrêt cardiaque, il est essentiel non seulement de pratiquer un massage ininterrompu, mais aussi d’assurer une ventilation suffisante pour que l’organisme continue d’être oxygéné. Ce dispositif servira à terme à la formation des médecins, des sauveteurs, une version adaptée étant également prévue pour enseigner au grand public le pourquoi et le comment des gestes qui peuvent sauver. Extrêmement avancé dans son fonctionnement, ce poumon test aidera aussi la recherche pour une meilleure maîtrise de la ventilation pulmonaire, susceptible de conduire à de nouvelles recommandations médicales dans ce domaine.

En remportant les 10 000 francs du Prix de l’Innovation, les intiateurs du projet POUTAC vont pouvoir concrétiser les premiers prototypes, une étape incontournable pour le présenter à de fu-turs partenaires industriels. Lorsqu’on sait qu’en cas d’arrêt cardiorespiratoire, la mortalité est de 90%, on comprend mieux les enjeux d’une telle innovation.

Les trophées 2013

  • Un dispositif électronique pour une meilleure hygiène des mains
    Très engagés dans la lutte contre les infections nosocomiales où ils se sont distingués comme pionniers de l’hygiène des mains en milieu hospitalier, les HUG s’apprêtent à franchir une étape supplémentaire, grâce au développement du dispositif Mnemogest. Il s’agit de permettre aux soignants d’avoir un meilleur contrôle de la manière dont ils se désinfectent les mains. Quantité de produit utilisé, efficacité des gestes effectués : ce dispositif saura mesurer ces données de manière précise, grâce à un système ingénieux permettant à un bracelet électronique et au bouchon du flacon de solution hydro-alcoolique de communiquer entre eux. Le Dr Yves Martin et les spécialistes du service de prévention et contrôle de l’infection souhaitent pouvoir proposer à terme un équipement individuel ergonomique et agréable à porter que les soignants utliseront de leur plein gré. La moitié des infections nosocomiales étant liée à une mauvaise hygiène des mains, Mnemogest pourra représenter à l’avenir une grande avancée dans ce domaine.
  • Le fauteuil roulant du futur : il stocke et restitue l'énergie
    Pour les personnes en fauteuil roulant, l’effort nécessaire pour avancer est considérable, au point que les muscles impliqués dans la production de ces mouvements répétés finissent par en souffrir, avec pour conséquence des troubles musculo-squelettiques douloureux et invalidants. Néanmoins, il est essentiel de garder une activité physique pour se maintenir en bonne forme, en privilégiant autant que possible l’usage d’un fauteuil manuel plutôt qu’électrique. Pour améliorer le quotidien des personnes en fauteuil, Stéphane Armand et ses collègues du Laboratoire de Cinésiologie des HUG ont longuement travaillé sur un dispositif mécanique doté d’un puissant ressort qui permet de stocker l’énergie et de la restituer, un peu sur le principe des petites voitures à friction de notre enfance. Ce système sera adaptable sur tout fauteuil manuel, auquel il suffira de changer les roues. Le brevet vient juste d’être déposé et un premier prototype a pu être développé grâce à un financement d’Innogap.

Prix de l’Innovation 2012 à un traitement prometteur en ophtalmologie

C’est au Pr Fahrad Hafezi et à son projet C-Eye-Tip© que revient le Prix de l’Innovation 2012. Ce soutien financier à hauteur de 10'000 francs vient s’ajouter à deux distinctions précédemment remportées par ce nouveau procédé thérapeutique en ophtalmologie: le prix Inno Gap de l’Université de Genève (30'000 francs) et le Prix Venture Kick (10'000 francs et une chance de remporter les phases suivantes).

Ultra-violets et vitamine B2: ce sont les deux éléments-clé qui permettent de soigner le kératocône, une maladie rare touchant la cornée, grâce au procédé chirurgical de cross-linking. Le Pr Farhad Hafezi, médecin-chef du service d’ophtalmologie des HUG, a fait partie de l'équipe des inventeurs de cette technologie. Depuis quatre ans, il travaille à son développement pour le traitement des infections graves de la cornée. Les thérapies actuellement à disposition ont leurs limites : pour qu’elles soient efficaces, il est essentiel de connaître l’origine précise – virus, bactérie, champignon, parasite – mais souvent difficile à déterminer de l’infection. Le cross-linking pourra compléter les traitements de ces infections, en intervenant au plus vite quelle qu’en soit la cause. Un dispositif médical miniaturisé – le C-Eye-Tip© – est actuellement en cours de développement. Il permettra d’étendre ce type d’intervention, apportant un nouvel espoir à de nombreux patients dont la vision est altérée et menacée. Première consultation de Suisse pour le kératocône, les HUG traitent chaque année entre 100 et 150 cas d’infections de la cornée, dont cinq à dix cas particulièrement sévères. Le coût du développement du prototype et de l’étude clinique se monte à un demi-million de francs. Le projet est actuellement en lice pour quatre autres prix.

Les trophées 2012

  • Un dispositif pour une plus grande précision des injections
    Sécurité pour le patient, confort pour le personnel soignant : ce sont les points forts du dispositif tout à fait innovant conçu au sein du Service de médecine nucléaire à l’instigation du Dr Jean-Pierre Willi. Annexé à une seringue, il permet de déterminer avec précision la dose de produit à injecter. Il a été testé auprès de patients épileptiques pour lesquels une injection de produit radioactif est nécessaire en préalable à une imagerie. Ces injections devant être réalisées au moment où survient une crise, l’agitation du patient rend difficile la précision du dosage, d’autant plus que la quantité de produit à administrer évolue au cours de la journée du fait de la diminution de ses propriétés radioactives. A la fois simple et extrêmement utile, ce dispositif est destiné non seulement à faciliter les soins dans des services spécialisés en épilepsie mais il peut être adapté à bien d’autres situations, en particulier aux urgences, en réanimation ou chaque fois qu’il est nécessaire d’administrer par petites doses des produits potentiellement dangereux. Cette innovation a d’ores et déjà fait la preuve de sa pertinence et un brevet a été déposé.
  • Un tissu neural humain in vitro pour tester les médicaments de demain
    Alzheimer, Parkinson, sclérose en plaques: ce sont les plus connues parmi les maladies dues à une inflammation chronique des neurones. Le défi des spécialistes consiste à mieux connaître les origines et le processus évolutif de ces affections, mais encore à permettre des essais de nouveaux médicaments. Pour y contribuer, le développement d’un "tissu neural humain in vitro" à partir de cellules-souches par une équipe des HUG constitue une avancée considérable, qui apportera une valeur ajoutée aux tests d’efficacité de médicaments par rapport à l’expérimentation animale seule. La prochaine étape consiste à y inclure les cellules de la neuroinflammation (la microglie). Le Département de médecine génétique et de laboratoire des HUG s’y est attelé, en partenariat avec l’Université de Genève. Ce projet conduit par Mathurin Baquié au sein de l’équipe du Pr Karl-Heinz Krause doit aboutir à une collaboration étroite avec l’industrie pharmaceutique, en proposant une plate-forme de tests de validation. Une start-up a d’ores et déjà été créée dans ce but.

Prix de l’Innovation 2011 à un implant révolutionnaire

Il se nomme AKAN® (Above Knee Amputation Nail) et a été développé par M. Alain Lacraz, physiothérapeute au Service de chirurgie orthopédique et traumatologie de l’appareil moteur. Cet implant total va permettre une amélioration très considérable du confort et de la qualité de vie des patients ayant subi une amputation transfémorale. Suite à une telle amputation, l’appui ne peut pas se faire sur le membre en raison de la faible surface osseuse; il se fait directement sur le bassin. L’AKAN® rétablit l’appui orthogonal sur le fémur, comme chez la personne saine. Il s’agit d’un dispositif implanté composé d’un axe positionné dans le canal médullaire et d’une base qui offre une surface d’appui élargie sur l’extrémité distale du fémur. Cet implant favorise le port d’une prothèse moins contraignante en rétablissant une sensation d’appui normal.

Ce projet a conquis le jury par son côté totalement innovant et son potentiel de développement rapide.  Un prototype existe déjà et le produit fini pourra bientôt être mis sur le marché ; en effet, les tests de compatibilité sont en cours et une entreprise a pris en charge sa fabrication. De plus, cet implant s’adresse à une clientèle potentielle très considérable, la chirurgie de l’amputation étant la plus pratiquée dans le monde. Grâce au Prix de l’innovation doté d’un montant de 10 000 francs, le vainqueur bénéficie d’un coaching spécialisé dans les contrats de collaboration, alors que la somme reçue ira au financement d’un plan-marketing visant à informer les chirurgiens orthopédistes dont la pratique est très protocolée pour ce qui concerne les amputations.

Les Trophées 2011

  • Nouveau vaccin thérapeutique
    Des Trophées récompensent deux autres projets remarqués par le Jury. Il s’agit d’une part d’un nouveau vaccin thérapeutique (a novel cell penetrating peptitde as a vector for therapeutic cancer vaccines) qui peut améliorer le traitement du cancer en éduquant le système immunitaire à spécifiquement reconnaître et détruire les cellules tumorales. Les vaccins de ce type développés jusqu’ici n’aboutissent qu’à des résultats partiellement satisfaisants. La nouvelle technologie développée par la Dre Madiha Derouazi et son équipe permettrait de vacciner de larges groupes de patients ; ces vaccins stimuleraient plusieurs cellules du système immunitaire –auxiliaires et tueuses– de manière à favoriser à long terme l’action anti-tumorale.
  • Imagerie au bloc opératoire
    Grâce à l’imagerie médicale, on ne travaille plus de la même façon dans les blocs opératoires. Ainsi, le projet intitulé « Manipulation par la gestuelle de l’imagerie médicale au bloc opératoire» (Dr Victor Dubois-Ferrière et al.) permet à un chirurgien de consulter et d’exploiter les images de son patient à tout moment durant l’intervention, par simple gestuelle, sans quitter le champ opératoire. L’application KiOP développée dans ce but utilise une caméra de reconnaissance des mouvements. Ce projet fait entrer au bloc opératoire une technologie largement utilisée dans le domaine des loisirs.

Prix de l'Innovation 2010 à un projet d’interface entre cerveau humain et machine

Deux spécialistes des neurosciences,  M. Rolando Grave de Peralta et Mme Sara Gonzalez Andino, ont créé une interface entre le cerveau humain et une machine, permettant au cerveau de transmettre des informations à un ordinateur par l’intermédiaire d’une stimulation visuelle. D’un clignement des yeux et à distance, il devient possible de commander un geste à une machine (par exemple, allumer ou éteindre sa télévision, diriger un fauteuil roulant, contrôler un signal d’appel en cas de besoin, etc.).

Les premiers résultats sont prometteurs.  Les chercheurs travaillent à améliorer l’interface, à la rendre aisément transportable, avec le projet d’ajouter à la modalité visuelle d’autres modalités sensorielles pour commander avec la voix ou le toucher.

Les Trophées 2010

  • Déjouer la contrefaçon de médicaments
    Une machine d’analyse simple d’utilisation, économe en réactifs, écologique et de faible coût apporte une réponse efficace au fléau de la contrefaçon de médicaments dans les pays en voie de développement, fléau entraînant parfois des décès. La qualité de tous les médicaments entrant dans ces pays peut ainsi être testée selon les normes internationales. Les substances contrefaites, c’est-à-dire sans principe actif, sous-dosées voire périmées, sont alors retirées avant la distribution à la population.
  • Surveiller les pneumocoques
    La mise au point d’une méthode de classification des pneumocoques permet de surveiller leur évolution chez les enfants. Le vaccin existant n’étant pas efficace pour toutes les formes de pneumonies et de méningites, cette classification doit contribuer à améliorer la surveillance et le choix des traitements.