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Thérapie cognito-comportementale
Préalable : évaluation du comportement alimentaire
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Les troubles du comportement alimentaire chez les sujets obèses sont en augmentation et très souvent sous-estimés - en particulier l'hyperphagie boulimique - dans leur fréquence, leur gravité et leurs répercussions sur les possibilités thérapeutiques. |
 [Source : Médecine & Hygiène : 2001]
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Comme il est rare que le motif de consultation des sujets obèses soient d'emblée le désordre alimentaire, il est nécessaire d'évaluer leur comportement alimentaire dès les premières consultations. Une méthode - qui se présente sous la forme d'un entretien semi-structuré - permet d'évaluer la présence, l'intensité et la fréquence de chaque critère diagnostique de l'hyperphagie boulimique et permet l'établissement du diagnostic et le choix de l'orientation thérapeutique.
L'approche cognito-comportementale se divise en deux temps : la srestructuration comportementale et la restructuration cognitive.
La restructuration comportementale
- Utiliser le carnet alimentaire qui permet une auto observation du patient de son propre comportement alimentaire :

- Structurer l'alimentation en réintroduisant progressivement les trois repas traditionnels ainsi que trois collations (matinée, après-midi, soirée), le but étant d'éviter certaines fringales liées à la sensation de faim.
- Définir un repas (heures régulières, manger assis et à table - et non devant la TV ou debout devant le frigidaire -)
- Eviter le cercle vicieux des troubles du comportement alimentaire : la mauvaise estime de soi est souvent le point de départ des troubles du comportement alimentaire. Elle est à l'origine des préoccupations qui peu à peu se focalisent de manière exagérée sur le poids et l'apparence physique. c'est dans ce contexte qu'un individu se met à suivre des régimes restrictifs, alors suivis de compulsions alimentaires ... qui font "craquer". Le fait d'avoir craqué va insidueusement diminuer l'estime de soi, etc. ATTENTION ! Un régime alimentaire peut induire, par lui-même des crises de boulimie
- Mettre en évidence les déclencheurs : Quelles situations déclenchent des compulsions alimentaires ? On distingue deux types de déclencheurs : ceux qui sont directement liés à la nourriture (faim, vue des aliments, préparation des repas...) et les déclencheurs indirects en lien avec les émotions (solitude, ennui, stress, colère, tristesse, angoisse)
- Comprendre le lien entre angoisse et compulsion : les crises compulsives ont pour rôle de faire baisser la tension ... la nourriture (comme l'alcool) sont d'excellents anxiolytiques ! Le but est donc de réfléchir à d'autres moyens susceptibles de faire tomber cette tension
- Chercher les stratégies : c'est au patient de trouver lui-même ce qu'il pourrait faire d'autre dans une situation précise oú il a envie de manger. Il convient de réfléchir à la fois à des stratégies applicables tout de suite et à des stratégies d'anticipation (prévenir l'apparition de l'envie de manger).
La restructuration cognitive : quelques axes
Elle va permettre de chercher, avec le patient, ce qui se passe entre un évènement précis et l'émotion qu'il induit.
- Le modèle du traitement cognitif de l'information : face à une situation donnée, chacun interprête l'évènement de manière très personnelle et réagit en fonction de cette interprêtation
- Repérer les pensées automatiques négatives : ... de type, "je suis nul... moche" ou des anticipations de type " on ne m'acceptera jamais", "j'ai repris 1kg, je vais en reprendre 10...". La première des difficultés est - pour le patient - de repérer ces pensées dont il n'a généralement pas conscience tellement elles sont habituelles
- Identifier les distorsions cognitives : le raisonnement dichotomique (interprétation sans nuance des situations), la maximilisation du négatif et la miniminalisation du positif, l'inférence arbitraire (tirer des conclusions hâtives, sans preuves), la généralisation (tirer des conclusions globales : "je n'ai rien perdu en deux semaines, la diététicienne est nulle"), la personnalisation (se responsabiliser pour des évènements qui ne sont pas liés à la personne), l'abstraction sélective (se centrer sur un détail hors du contexte)
- Rechercher les schémas cognitifs : il s'agit de trouver les schémas qui représentent l'ensemble des croyances et convictions intimes du patient - souvent héritées de règles familiales, de traumatismes... - et lui imposent des règles de vie rigides et systématiques entraînant des problèmes tels que la diminution de l'estime de soi, l'indécision, le pessimisme, voire le désespoir
- Développer les capacités d'accomodation : il s'agit de modifier ses convictions profondes, ses schémas cognitifs, s'ils ne correspondent pas à la réalité. Apprendre à remettre en question.
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