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L'épilepsie

Historique

Les concepts fondamentaux concernant l'épilepsie dans la médecine de l'Inde antique ont été affinés et développés au cours de la période védique entre 4500 et 1500 avant Jésus-Christ. Dans la littérature ayurvédique de la Charaka Samhita (que l'on a fait remonter à 400 avant J.-C. et qui constitue la description la plus ancienne du système complet de médecine ayurvédique), l'épilepsie est qualifiée d'« apasmara », ce qui signifie «perte de connaissance ». La Charaka Samhita contient de nombreuses références à tous les aspects de l'épilepsie, notamment la symptomatologie, l'étiologie, le diagnostic et le traitement.

Un autre ancien document traitant de l'épilepsie de façon détaillée est une tablette babylonienne qui se trouve au British Museum. Il s'agit d'un chapitre d'un manuel de médecine babylonien comportant 40 tablettes qui date d'au moins 2000 ans avant J.-C. On y trouve une description précise de bon nombre des différents types de crises actuellement reconnus. A la différence de la médecine ayurvédique de la Charaka Samhita, la tablette met en valeur le caractère surnaturel de l'épilepsie, chaque type de crise étant associé au nom d'un esprit ou d'un dieu, le plus souvent malfaisant. De ce fait, le traitement relevait principalement du domaine spirituel.

La conception babylonienne de l'épilepsie préfigure celle des Grecs (au Ve siècle av. J.-C.) qui l'ont surnommée "La maladie sacrée", dont on trouve la description dans le célèbre traité d'Hippocrate portant ce titre. Le terme de «seleniazetai» a également été souvent utilisé pour décrire les épileptiques que l'on croyait être affectés par les phases de la lune ou par la déesse Selene; c'est de la version latinisée que vient la notion de «lunatique». Cependant, Hippocrate voyait dans l'épilepsie non une maladie sacrée, mais un dérèglement cérébral. Il recommandait des traitements en affirmant que si le mal devenait chronique, il était incurable.

Alors qu'Hippocrate et la Charaka Samhita offraient cette explication moins spiritualisée, l'idée de l'épilepsie comme dérèglement cérébral n'a commencé à prendre racine qu'aux XVIIIe et XIXe siècles de notre ère.
Dans l'intervalle de 2000 ans, ce sont des conceptions surnaturelles qui ont prévalu. Pendant toute cette période, les épileptiques ont suscité la crainte, la suspicion et l'incompréhension, et ont été rejetés par la société.



Fillette épileptique en crise
Ex-voto de 1766

La représentation peinte sur du bois montre une fillette qui, probablement en allant chercher de l'eau, a eue une crise. Elle gît à terre avec les bras étendus telle une poupée rigide au sol ; de sa bouche s'écoule de la bave. (© Musée allemand de l'épilepsie à Kork)


Au XIXe siècle, avec les débuts de la neurologie qui commençait à s'imposer en tant que nouvelle discipline distincte de la psychiatrie, l'idée que l'épilepsie était un dérèglement cérébral a commencé à se répandre, notamment en Europe et aux Etats-Unis d'Amérique. Le premier médicament efficace contre l'épilepsie, le bromure, introduit en 1857, a commencé à se répandre en Europe et aux Etats-Unis d'Amérique au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle. Un hôpital pour "les paralysés et les épileptiques" a été créé à Londres en 1857. Dans le même temps, une approche plus humanitaire des problèmes sociaux de l'épilepsie a abouti à la création de "colonies" dans lesquelles les épileptiques sont soignés et exercent une activité professionnelle. Les origines de notre conception moderne de la pathophysiologie de l'épilepsie remontent aussi au XIXe siècle, avec les travaux de Hughlings Jackson. En 1873, ce neurologue londonien a émis l'hypothèse que les crises d'épilepsie étaient provoquées par des décharges électrochimiques brutales d'énergie dans le cerveau et que le caractère des crises était lié à l'emplacement et à la fonction du site des décharges.


C'est en 1920, en Allemagne, que le psychiatre Hans Berger a découvert l'électroencéphalographe (EEG) qui est principalement utilisé depuis les années 30 pour l'étude de l'épilepsie. L'EEG a révélé la présence de décharges électriques dans le cerveau.


Depuis les années 60, on découvre de plus en plus de médicaments, ce qui s'explique notamment par le fait que l'on connaît beaucoup mieux l'activité électrochimique du cerveau, et en particulier les neurotransmetteurs de l'excitation et de l'inhibition. La compréhension et le traitement de l'épilepsie ont aussi été améliorés au cours des dernières décennies par le développement du matériel de neuro-imagerie. Cette technologie a permis de découvrir un grand nombre de lésions cérébrales plus subtiles à l'origine de l'épilepsie.

[source: Aide-mémoire sur l'épilepsie, extrait du site de l'Organisation mondiale de la santé]



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