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Communication > Thema santé > Epilepsie
Epilepsie
Enceinte
L'épilepsie n'empêche pas la grossesse, bien que l'on ait constaté, parmi les épileptiques, une diminution du taux de fertilité. Cette diminution est plus marquée chez les hommes (80 % de la valeur attendue) que chez les femmes (85 % de la valeur attendue), surtout s'il s'agit d'une épilepsie partielle qui a débuté précocement. Cette diminution de la fertilité peut être expliquée par les mariages qui sont moins fréquents chez les épileptiques, particulièrement chez les hommes, un mariage tardif, la durée du mariage raccourcie, le rôle des anti-épileptiques sur la sexualité, enfin la baisse de la testostérone ou encore le rôle d'un hypogonadisme. Le pourcentage de femmes épileptiques enceintes est faible (4 %). Les interactions entre grossesse et épilepsie peuvent être résumées à trois questions fondamentales, fréquemment formulées par les patientes qui désirent avoir un enfant:
1. Quelle est l'influence de la grossesse sur l'épilepsie? La survenue d'une crise inaugurale au cours d'une grossesse ne peut être qu'une coïncidence. On observe, au cours de la grossesse chez les épileptiques, une variation de la fréquence des crises difficile à apprécier: si dans 50% il n'est pas noté de modification, on constate une augmentation dans environ un quart des cas, surtout en début et fin de grossesse; certaines femmes signalent, en revanche, une diminution de la fréquence des crises. Les modifications hormonales et métaboliques, induites par la grossesse, vont interférer dans la pharmacocinétique des médicaments anti-épileptiques.
2. Quelle est l'influence de l'épilepsie sur la grossesse? Les avortements spontanés ne sont pas plus fréquents chez les épileptiques que dans une population non épileptique (environ 13%). Les crises généralisées tonico-cloniques, survenant pendant la grossesse, peuvent être à l'origine d'une hypoxie transitoire du fœtus, mais seul l'état de mal représente un danger réel. Des hémorragies peuvent survenir durant le travail et la délivrance; elles sont secondaires à une activation du métabolisme hépatique entraînant un déficit des facteurs de la coagulation. A la naissance, le nouveau-né présente quelquefois un état d'hyperexcitabilité transitoire se manifestant par des trémulations, une agitation, une augmentation du tonus musculaire qui s'expliquent par une chute brutale du taux des médicaments dans le sang (réaction de sevrage).
3. Comment évaluer le risque de malformations? Ce risque est réel, mais difficile à apprécier compte tenu du faible pourcentage de femmes épileptiques, des méthodologies employées dans l'évaluation des facteurs de risque de l'évolution des traitements, des habitudes de prescription et de type de malformations constatées. On peut observer des malformations majeures: cardiaques, squelettiques (spina-bifida), génito-urinaires, urologiques, fentes labio-palatines. Les malformations mineures touchent électivement la face, entraînant une dysmorphie crânio-faciale plus ou moins prononcée. Tous les anti-épileptiques ont été tenus pour responsables d'un syndrome plus ou moins bien individualisé, mais aucun tableau spécifique ne peut être retenu. En fait, l'origine de ces malformations est vraisemblablement multifactorielle: effets tératogènes directs des médicaments anti-épileptiques, effets métaboliques (déficit en folates), facteurs génétiques, dépression du système immunitaire.
[source: "L'épilepsie", Jallon P., Ed. PUF, Paris, collection Que sais-je ?, 2002]
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