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Communication > Thema santé > Douleur
Etat de la question
Psychisme, culture, société et douleur
Toute douleur peut entraîner une focalisation de l'attention psychologique et peut être à l'origine d'une anxiété qui majore la douleur elle-même et ainsi de suite…. La souffrance est ressentie et donc verbalisée différemment par chacun selon ses origines culturelles, religieuses, ethniques.
 [Illustration de La douleur, dossier spécial du Figaro Magazine / 17.06.2000]
Perception de la douleur
Le seuil de la perception de la douleur est variable d'un individu à l'autre, alors que chacun posède le même "équipement" neurobiologique de détection et de transmission de l'information douloureuse.
Ces variations s'expliquent par les facteurs psychologiques qui font partie ou qui contribuent à l'expérience douloureuse.
La composante émotionnelle fait toute la particularité de la sensation douloureuse. Quand cette douleur se prolonge, cette composante affective peut même évoluer vers l'anxiété ou la dépression.
L'anticipation anxieuse, le souvenir d'expériences antérieures majorent parfois la douleur.
De même, la capacité à anticiper le contrôle d'une douleur à venir joue un rôle important : la douleur post-opératoire est moindre si, avant l'opération,le patient reçoit des informations sur les moyens de la contrôler et s'il peut participer activement à sa gestion.
Expression de la douleur
La douleur étant une expérience subjective, elle se traduit par un comportement qui est l'expression visible de cette douleur
 [Illustration de Mesure de la douleur par l'échelle des visages / Hicks C.L. et al. - Pain. 2001]
Modes d'expression-types observables par l'entourage: - verbal : plainte, demande explicite d'antalgique, sanglots, etc. - corporel : mimiques, postures, changement d'activité, etc.
Ce comportement a valeur de communication avec l'entourage ou/et la société.
Le mode de comportement est modifié par les modèles sociaux et familiaux. Les facteurs culturels, changeant perception et expression de la douleur, relèvent de l'apprentissage social. On a mis en évidence des variations du seuil de perception et des niveaux de tolérance entre individus de cultures différentes : les expressions verbales et comportementales sont extrèmememnt variables, allant de l'absence de plainte à une grande démonstrativité.
(extraits de La douleur/ Un mal à combattre de T. Delorme)
Perception et expression de la douleur selon les âges
- L'enfant (extrait de l'interview de la Desse Mamie - HUG / Pulsations TV sept.02)
"Jusqu'à la fin des années 1980, on estimait que comme leur système nerveux n'était pas terminé, les nouveaux-nés ne souffraient pas. En 1987, une étude médicale révolutionnaire comparait deux groupes de nouveaux nés opérés : un groupe opéré sous anesthésie mais sans anti douleur, comme cela se faisait à l'époque, et un groupe opéré avec anesthésie et anti-douleur. L'étude a montré clairement que les enfants opérés sans anti-douleur faisaient plus de complications opératoires. Cela ne pouvait être dû qu'au stress intense que représente la douleur. On a ainsi démontré non seulement que les nouveau-nés ressentent la douleur, mais encore que celle-ci était dangereuse, car elle multipliait les risques de complications. Dès lors, son soulagement devenait une priorité médicale. Plusieurs mythes peuvent expliquer le phénomène de cette prise en compte tardive de la douleur chez l'enfant: d'abord, le mythe médical relatif au fait que chez le nouveaux-né, le système nerveux n'est pas terminé et donc l'enfant ne sent rien. Ensuite, la difficulté à évaluer la douleur chez l'enfant. Chez le tout petit parce qu'il ne parle pas et ensuite chez les plus grands car ils ont tendance à mélanger leurs émotions, à confondre par exemple la douleur physique et la peine qu'ils peuvent avoir d'être loin de leurs parents. On a aussi longtemps pensé que l'enfant ne se souvenait pas de la douleur éprouvée : or c'est faux, on sait aujourd'hui que les enfants qui ont souffert petits gardent toute leur vie une plus grande sensibilité que les autres à la douleur. Et puis il faut dire que pendant longtemps on a eu peur de l'effet des anti douleurs, essentiellement des opiacés, pour l'enfant. On croyait que cela risquait de provoquer des problèmes respiratoires."
- La personne âgée
A l'autre extrémité de la vie, perception et expression de la douleur sont également modifiées. L'expérience médicale apprend que, chez les patients âgés, l'infarctus cardiaque, l'ulcère, la péritonite ... peuvent être indolores. Les altérations de la mémoire, de la compréhension, les séquelles d'accidents vasculaires modifient l'expression de la douleur qui risque aussi d'être sous-estimée. La douleur non maîtrisée de la personne âgée peut avoir des conséquences majeures sur son autonomie ou sa vie. Certaines douleurs aiguës suscitent des états d'agitation, de confusion mentale. Le patient ne dort plus, ne mange plus, n'a plus conscience de ses limites. Parfois la douleur n'est pas exprimée, mais on voit apparaître un repli sur soi, un refus de s'alimenter évoquant une dépression. Le patient peut vite devenir grabataire, les escarres apparaissent et d'autres complications médicales qui peuvent entraîner le décès.
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