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Etat de la question
La douleur ... qu'est-ce que c'est ?
La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle, ou décrite dans des termes évoquant une telle lésion. (International Association for the Study of Pain)
La douleur ... ou les douleurs ?
 [ Illustration de L'Express / 9.05.1996]
Pourquoi "classer" les douleurs ?
Il s'agit de comprendre le mécanisme sous-jacent à la sensation douloureuse pour mieux choisir le traitement.
De la douleur aiguë à la douleur chronique
La douleur est dite aiguë lorsqu'elle est d'apparition récente. Celle-ci survient en général en réponse à des stimulations dommageables pour les tissus (exemples : brûlure, piqûre, pincement) et a une fonction de signal d'alarme, déclenchant toute sortes de réactions servant à protéger le corps (exemple réflexe de retrait de la main lorsqu'on touche un objet trop chaud).
On admet arbitrairement qu'une douleur devient chronique lorsqu'elle perdure au-delà de trois à six mois. Les douleurs chroniques peuvent accompagner une affection bien déterminée (arthrose, céphalées, certains cancers, troubles de la posture), ou parfois, apparaître plusieurs mois après la guérison d'une maladie. Certains patients présentent même des douleurs en l'absence de tout antécédent et sans lésion apparente. La persistance de la douleur entraîne des conséquences physiques, psychologiques et comportementales qui vont encore l'entretenir et la renforcer. D'un symptôme pur (douleur aiguë), on passe alors à un tableau clinique complet, la "maladie algique". A ce stade, la douleur n'a plus du tout une fonction utile de signal d'alarme. Elle peut entièrement accaparer la vie affective de la personne souffrante et elle est une source très fréquente d'incapacité.
Des douleurs aiguës peuvent se transformer en douleurs chroniques, particulièrement si le traitement antalgique initial est insuffisant. Ce passage à la chronicité implique des modifications au niveau du système nerveux et des voies de transmission de la sensation douloureuse. La douleur chronique n'a plus la fonction d'alarme utile des douleurs aiguës.
[J.M Besson La Douleur, Ed Odile Jacob Paris,1992 p. 20-21]
La douleur aujourd'hui
Longtemps occultée, la douleur a désormais droit de cité. A l'hôpital et en ambulatoire, on apprend à la reconnaître, à la soulager, à la respecter.
Contrairement à des croyances longtemps ancrées dans nos cultures, la douleur qui perdure est, aujourd'hui, non seulement reconnue comme INUTILE, mais aussi comme potentiellement nuisible. La douleur qui se prolonge a des effets nocifs sur la santé. On sait qu'elle représente un stress qui a pour effet de diminuer nos défenses naturelles et donc d'augmenter le risque de complications. Soigner la douleur d'une personne qui a mal n'est pas seulement une marque de compassion, mais un acte médical visant à protéger la santé de la personne qui souffre et un engagement dans le sens d'une meilleure qualité des soins.
La douleur de l'enfant, de l'adulte, du cancéreux, du migraineux est maintenant reconue comme une entité à part entière : une "maladie dans la maladie" : elle peut et elle doir être soulagée sans retard. Le "dolorisme" a vécu et est bel et bien mort !
Genève est à l'avant-garde de cette médecine moderne qui prend en compte la douleur, qu'elle soit aiguë ou chronique.
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