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La vie avec...
Contrôler
Pour contrôler la douleur chronique, le premier pas à faire est d'accepter le fait que la douleur sera sans doute toujours présente. La contrôler ne signifie donc pas guérir. Les termes du choix sont les suivants : - subir la douleur ou la contrôler - Se plaindre d'inconfort ou trouver des solutions.
L'organisme n'est pas sans défense face à la douleur. des mécanismes de défense, physiologiques et psychologiques, peuvent être mobilisés de façon intentionnelle pour mieux faire face. Contrôler une douleur, c'est parvenir à mettre en jeu des systèmes neurobiologiques qui freinent la douleur. C'est moins une question de volonté que d'apprentissage : contrôler ses réactions, choisir les attitudes adaptées, réclament un entraînement. Les résultats ne sont pas immédiats.
 [ Illustration de La douleur, un mal à combattre / Th. Delorme - Découverte Gallimard]
Les stratégies de contrôle de la douleur
Dans tous les cas, la démarche ne s'entreprend pas seul : la supervision du médecin est vivement souhaitable afin d'éviter des erreurs.
1. Les contre-stimulations Toute douleur, superficielle ou profonde, peut être atténuée par la sensation cutanée produite par une technique de stimulation : - neurostimulation transcutanée (stimulations électriques délivrées par des électrodes fixées au niveau de la zone douloureuse , avec prescription et sous surveillance médicale), - massages, automassages dans la mesure du possible - applications de chaleur (plus particulièrement adaptées à la contraction musculaire : compresse, bouillote, serviette chaude, bain chaud ...) - applications de froid (pouvoir anesthésiant : cold pack, douche froide, massage à la glace...)
2. La relaxation La relaxation associe un certain nombre de manifestations physiologiques et psychologiques qui s'opposent à la réaction d'alerte : relâchement musculaire, ralentissement des rythmes respiratoires et cardiaques, dilatation des vaisseaux, augmentation de la chaleur cutanée, diminution de la pression artérielle et état psychologique de calme, de bien-être et de tranquillité.
 [ Illustration de La douleur, un mal à combattre / Th. Delorme - Découverte Gallimard]
La relaxation est un moyen de lutte avant, pendant et après toute expérience agressive. Quelques techniques : - la relaxation progressive de Jacobson qui utilisele contraste entre la contraction d'un muscle et sa décontraction (mains, visage, nuque, épaule) - le "training autogène" de Schultz : pour se relaxer, le sujet se pénètre mentalement d'une formule fixant le but à atteindre. Cette technique comporte 6 exercices de base et l'attention est portée sur la région du corps que l'on souhaite relaxer : contrôles musculaire, vasculaire, cardiaque, respiratoire, vasculaire abdominal, vasculaire encéphalique) - la relaxation méditative de Benson : trouver une position confortable, décontracter profondément chaque muscle en commençant par les pieds et en remontant jusqu'au visage, concentrer son attention sur quelque chose, conserver une attitude passive.
3. Les exercices respiratoires Il s'agit de contrôler, de manière intentionnelle et volontaire, le rythme de la respiration : inspiration (contraction du diaphragme) / expiration (décontraction passive). dans la pratique, les exercices respiratoires sont associés à ceux de la relaxation musculaire.
4. Le détournement de l'attention Apprendre à à diriger et à concentrer son attention est une étape supplémentaire de l'autocontrôle de la douleur. : l'efficacité du détournement de l'attention dépend de la qualité de la concentration.
5. L'imagerie mentale dirigée Il s'agit de fixer l'attention sur des représentations imagées. Le principe est d'activer , en imagination, la représentation d'une sensation, d'une scène, d'un évènement incompatibles avec la douleur.
6. La réinterprétation de la douleur Pour un certain niveau d'intensité, il devient très difficile de maintenir l'attention hors de la douleur. Pour y faire face, il s'agit de s'entraîner à porter son attention sur la douleur mais en l'observant de façon différente. On se focalise sur un seul qualificatif de la douleur : picotements, pesanteur ... on néglige les autres facettes plus désagréables.
Les patient passent d'une stratégie à l'autre selon les nécessités, en les associant à des exercices respiratoires et à la relaxation.
[ Extraits de Contrôlez votre douleur / F. Boureau - Payot]
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