Comment traiter ?
Traitement médicamenteux
Lorsque les règles hygiénodiététiques ne parviennent pas à ramener les glycémies dans les normes, il faut s'aider d'un traitement médicamenteux qui peut être des comprimés, de l'insuline ou dans certains cas une association de comprimés et d'insuline.
Les comprimés
Les comprimés permettent schématiquement d'agir à trois niveaux:
Pour ce groupe de médicaments, le lieu d'action est le pancréas. Ce sont des insulinosécréteurs, c'est-à-dire qu'ils augmentent la production d'insuline par le pancréas s'il est encore capable d'en produire (diabète de type 2), mais leur mode d'action n'est pas identique. Alors que les sulfamides hypoglycémiants obligent le pancréas à fabriquer plus d'insuline principalement lorsque la glycémie s'élève, les glinides obligent le pancréas à fabriquer de l'insuline lors d'une prise d'aliments.
Contrairement aux sulfamides hypoglycémiants, ils n'agissent pas en obligeant le pancréas à fabriquer plus d'insuline, mais en réduisant l'insulinorésistance, c'est-à-dire en favorisant l'action de l'insuline au niveau des muscles et des cellules, avec essentiellement pour conséquence une diminution des glycémies après les repas.
Le lieu d'action de ces médicaments n'est pas le pancréas, ni la sensibilité vis à vis de l'insuline, mais le passage de l'intestin vers le sang, du sucre présent dans les aliments.
Très schématiquement, la plupart des glucides alimentaires sont constitués par des chaînes plus ou moins longues de particules élémentaires (structure de même type que le glycogène) et le passage de l'intestin vers le sang n'est possible que si ces chaînes sont préalablement découpées en particules élémentaires. Il existe donc au niveau des cellules intestinales de très nombreux «lieux de découpage», appelés alphaglucosidases, dont le rôle est de permettre le passage dans le sang de la plupart des particules élémentaires constituant les chaînes glucidiques.
Le mode d'action du médicament est le suivant : lorsqu'il est avalé avant les aliments, il se fixe sur les lieux de découpage des chaînes et «occupe la place». Il en résulte que les glucides alimentaires constitués par des chaînes ne peuvent pas se fixer sur les lieux de découpage. Les glucides alimentaires poursuivent alors leur progression dans l'intestin jusqu'à ce qu'ils trouvent des lieux de découpage qui ne soient pas occupés par le médicament, ou jusqu'à ce qu'ils arrivent dans la dernière partie de l'intestin où il n'y a pas de lieux de découpage de chaînes.
Les comprimés doivent toujours se prendre avec un repas ou une collation comprenant obligatoirement des hydrates de carbone. Les comprimés pour le diabète ne remplacent pas le suivi du programme alimentaire, mais doivent y être associés. Ces médicaments ont une efficacité maximale avec la prise d'un repas.
Les comprimés se divisent en 5 groupes
Amaryl®, Daonil® Diamicron®, Dolipol® Euglucan®, Glibénèse®, Glucotrol®, Glutril6, Miglucan®, Rastinond, Ozidia® stimulent la production et la libération naturelle d'insuline par le pancréas, de plus, Diamicron® et Diamicron MR® ont démontré des propriétés vasculaires protectrices et une diminution de l'évolution de la rétinopathie diabétique au stade non-prolifératif.
Novonorm®, et Starlix® stimulent rapidement la production naturelle d'insuline.
Glucophage®, Glucinan®, Silubin® etStagid® facilitent l'entrée et l'utilisation du sucre dans les muscles; ils sont surtout conseillés aux personnes ayant un excès de poids.
Diastabol®, GlucobayQ, Glucor® ralentissent le passage du sucre dans le sang en ralentissant son absorption dans l'intestin.
Avandia® et Actos® favorisent l'entrée et l'utilisation du sucre dans les muscles.
L'insuline
Il est nécessaire d'apporter de l'insuline à l'organisme lorsque le pancréas ne parvient plus à en fabriquer en quantité suffisante. Or, comme malheureusement l'insuline est digérée lorsqu'on l'avale, il faut utiliser des injections sous la peau de manière à éviter le passage par l'estomac.
La sécrétion normale d'insuline par le pancréas se faisant de façon très particulière:
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sécrétion faible, mais indispensable, dans l'intervalle des repas, pour permettre d'une part la libération du sucre stocké dans le foie, et d'autre part l'entrée de ce sucre dans les cellules de l'organisme
Le traitement par l'insuline s'efforcera de reproduire ce que ferait le pancréas si on n'était pas diabétique.
Rappelons que l'insuline n'est pas une hormone hypoglycémiante ou plus exactement elle ne se conduit jamais comme une hormone hypoglycémiante chez les personnes non diabétiques. En effet, chez les personnes non diabétiques:
L'insuline est donc une hormone antihyperglycémiante, et non une hormone hypoglycémiante. Ceci n'est pas jouer sur les mots, ni cultiver le paradoxe, mais est le fondement d'une adaptation bien comprise de l'adaptation des doses: l'insuline doit être prioritairement utilisée pour éviter que la glycémie s'élève, plutôt que pour faire baisser une glycémie élevée.
Les traitements à l'insuline ne sont efficaces que s'ils sont associés à un programme alimentaire équilibré.
L'insuline injectée agit plusieurs heures; il est par conséquent indispensable de répartir les hydrates de carbone (glucides ou sucres) pendant la journée de façon régulière, afin d'éviter un manque de sucre dans le sang (hypoglycémie). Ne restez jamais sans manger d'hydrates de carbone (pain, fruits) car l'insuline que l'on s'injecte agit en permanence.
Conseils:
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agitez les flacons d'insulines troubles (lente, intermédiaire ou mixte) avant la préparation de l'injection. Variez les sites d'injection de l'insuline
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portez du sucre sur vous en permanence (4 morceaux, minimum). Lors d'un voyage ou d'un déplacement de plusieurs jours, l'insuline et le matériel d'injection doivent être transportés à double dans deux endroits séparés (valise et pochette/sac à main).
L'insuline sécrétée par le pancréas a une action très rapide. Afin d'éviter l'administration d'un trop grand nombre d'injections, les industries pharmaceutiques ont développé des insulines de différentes durées d'action.
Insuline ultra-rapide ( liquide transparent)
Humalog® Novorapid®
Cette insuline commence à agir 10 minutes après l'injection. Elle devient très efficace entre 30 minutes et 1 heure après l'injection. La fin de son action est de 3 à 4 heures après l'injection.
Insuline rapide ( liquide transparent)
Actrapid® Humulin Regular® Rapide®
Cette insuline commence à agir 30 minutes après l'injection. Elle devient très efficace entre 1 heure et 2 heures après l'injection. La fin de son action est de 4 à 6 heures après l'injection.
Insuline intermédiaire (liquide trouble)
Insulatard® Monotard® Huminsulin Basal® Basale®
Cette insuline commence à agir 2 heures après l'injection. Elle devient très efficace entre 4 heures et 8 heures après l'injection. La fin de son action est de 12 à 14 heures après l'injection.
Insuline d'action prolongée (liquide transparent)
Lantus® Levemir®
Ces insulines commencent à agir 2 heures après l'injection. Elles ont une efficacité constante pendant 20 à 24 heures (avec pas ou peu de pic d'action)
Insulines mixtes ( liquide trouble)
Mixtard® ( 10% 20% 30% 40% 50%) Profil® (10, 20, 30, 40)
Komb® (10% 25% 50%) Mixhumalog® 25%
Ces insulines sont des mélanges d'insuline rapide et intermédiaire. Leurs actions dépendent des proportions d'insulines mélangées.
Exemples
Mixtard® 30% correspond à un mélange de 30% d'insuline rapide (Actrapid®) et 70% d'insuline intermédiaire (Insulatard®). Ainsi 36U de Mixtard® correspond à 12U d'Actrapid® et à 24U d'Insulatard®. Profil® II correspond à un mélange de 20% d'insuline rapide et 80% d'insuline intermédiaire.
Conservation de l'insuline
Lorsque les flacons d'insuline sont en cours d'utilisation, conservez?les à température ambiante (20°C) et évitez les fortes expositions à la chaleur (à plus de 40°C). Les flacons ou ampoules de réserve sont placés dans la porte du réfrigérateur. Ne conservez jamais l'insuline dans le congélateur car la congélation détruit l'insuline.
Seringues
Utilisez uniquement des seringues dont l'étalonnage correspond à la concentration d'insuline du flacon utilisé.
En Suisse: 100 unités d'insuline par millilitre (100U1/ml)
Dans certains pays: 40 unités d'insuline par millilitre (40U1/ml)
Le traitement mixte
Dans certains cas, on peut être amené à utiliser un traitement combiné, c'est-à-dire à associer de l'insuline et des comprimés, par exemple:
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si un traitement par des comprimés aux doses maximales laisse persister une glycémie à jeun élevée alors que les glycémies dans la journée sont presque satisfaisantes, on peut envisager d'utiliser une injection d'insuline lente le soir au coucher pour normaliser la glycémie à jeun en freinant la libération de sucre par le foie pendant la nuit, tout en poursuivant les comprimés dans la journée pour assurer la maîtrise des glycémies avant et après les repas,
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au tout début d'un diabète insulinodépendant, un traitement avec de l'insuline lente au coucher et des comprimés dans la journée, peut parfois être efficace pendant quelque temps,
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chez un diabétique insulinodépendant dont la maîtrise des glycémies après repas n'est pas bonne malgré une optimisation de l'alimentation et des injections d'insuline, ainsi que la pratique régulière d'une activité physique, l'association de comprimés permettant d'augmenter la sensibilité des cellules vis à vis de l'insuline, peut éventuellement être utile.
[source: DiabSurf.com]
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